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« J’ai très envie de les emmerder » : Macron assume et intensifie sa guerre contre les non-vaccinés

« Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder » a affirmé ce mardi Macron auprès du Parisien avant de mettre en cause la « citoyenneté » des non-vaccinés. Avec ses déclarations pleines de mépris, le chef de l’exécutif assume et intensifie sa guerre contre les non-vaccinés pour mieux masquer le bilan catastrophique de sa gestion pro-patronale.

mercredi 5 janvier

Crédits photo : THOMAS SAMSON / AFP

Depuis lundi, le projet de loi « renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire » qui prévoit l’instauration d’un pass vaccinal interdisant l’accès à de nombreux lieux aux personnes non-vaccinées ou n’ayant pas réalisé leur dose de rappel dans les délais est discuté l’Assemblée nationale. Outre les lieux de loisir et les restaurants, le dispositif pourrait par exemple priver les non-vaccinés d’accès aux centres commerciaux, tandis que le projet de loi loi prévoit également d’augmenter les sanctions en cas de faux pass, menaçant les personnes concernées de cinq ans de prison. S’inscrivant dans la droite lignée du pass sanitaire, il s’agit pour le gouvernement d’un nouveau pas dans la gestion autoritaire de la crise et dans la stigmatisation des non-vaccinés.

C’est cette logique que Macron a totalement assumée lors d’un entretien accordé à sept lecteurs du Parisien et d’Aujourd’hui en France publiée ce mardi. « C’est une toute petite minorité qui est réfractaire. Celle-là, comment on la réduit ? On la réduit, pardon de le dire, comme ça, en l’emmerdant encore davantage. Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français. Je peste toute la journée contre l’administration quand elle les bloque. Eh bien, là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc, on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie » a-t-il expliqué, faisant preuve du mépris si caractéristique de son quinquennat.

Une déclaration qui a scandalisé mais qui, loin d’être un dérapage, est bien réfléchie. Pour Macron, il s’agit en effet d’intensifier sa stratégie de stigmatisation des non-vaccinés, bouc-émissaires de la reprise épidémique. Un moyen de cliver la population en surfant sur la frustration qui peut exister dans une partie de celle-ci, pour mieux masquer la responsabilité fondamentale du gouvernement dans la vague actuelle comme dans le niveau de vaccination. En ce sens, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal s’est empressé de justifier mercredi ces déclarations, affirmant : « Qui emmerde la vie de qui aujourd’hui ? [...] Ce sont ceux qui s’opposent au vaccin. »

Dans le cadre de ces déclarations qui assument la politique incarnée de facto par le passe vacccinal, Macron n’a par ailleurs pas hésité à surenchérir. « Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen » a ainsi expliqué le chef de l’exécutif, allant jusqu’à mettre en cause la « citoyenneté » des personnes non-vaccinées. De quoi alimenter les polémiques indignes des derniers jours, à l’image de la tribune du professeur Grimaldi qui s’interrogeait de manière faussement naïve : « les non vaccinés doivent-ils assumer aussi leur libre choix de ne pas être réanimés ? »

Pourtant, la ficelle est énorme. En effet, qu’il s’agisse de la vaccination - sur laquelle le gouvernement a alimenté la défiance par ses mensonges et sa gestion erratique, ouvrant un boulevard à l’extrême-droite et aux anti-vax - ou de la circulation massive de l’épidémie, choisie par le gouvernement pour maintenir l’activité économique à tout prix, la responsabilité de Macron est écrasante. D’ailleurs, à nouveau, ces déclarations ne peuvent qu’attiser encore la défiance de toutes celles et ceux qui doutent encore du vaccin en dépit de la réalité, désormais indéniable, de son efficacité.

Face aux déclarations de Macron qui cherche à diviser la population et à mettre en scène sa guerre contre les non-vaccinés, il est fondamental de dénoncer cette stigmatisation et de rappeler tout ce qu’elle cache. Face au gouvernement, il faut refuser les mesures autoritaires comme le pass vaccinal et défendre une stratégie sanitaire entre les mains des travailleurs et de la population, qui cherche à convaincre les non-vaccinés, arrachent des moyens d’urgences pour faire face à la pandémie, et impose des protocoles à la hauteur pour que nos vies ne passent pas après leurs profits.




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