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« J’attendrai que vous m’invitiez chez vous pour vous violer ! » De nouveaux éléments accablent Zemmour

Accusé d'agressions sexuelles, de nouveaux témoignages viennent accabler Éric Zemmour, qui aurait envoyé à une attachée de presse : « alors j'attendrai que vous m'invitiez chez vous pour vous violer ! » Une nouvelle preuve du caractère systémique des violences sexistes et sexuelles et de l'impunité dont jouit la classe dirigeante.

lundi 31 mai

Crédits photo : JOEL SAGET / AFP

Plusieurs événements accablent le journaliste depuis quelques mois. Accusé d’agressions sexuelles envers plusieurs femmes en avril, le polémiste de la chaîne CNews est à nouveau mis en cause. Mediapart a publié dimanche un article sur le sujet, qui présente deux certificats datant de 2018 et 1990. L’affaire Zemmour est, selon cet article, à l’ordre du jour d’une réunion du Figaro le 2 juin, à la demande de sa Société des journalistes.

Malgré des dénonciations, des interrogations internes et plusieurs condamnations pour provocation à la haine envers les musulmans, il est protégé par ses employeurs. Depuis plusieurs années, il harcèle les femmes sur leur lieu de travail. La plupart du temps, ce sont des femmes d’un âge nettement plus jeune qu’il invite d’abord à s’entretenir avec lui sous un prétexte professionnel. Une de ses victimes a rapporté dans le Journal Du Dimanche un incident survenu il y a trois ans. En avril 2018, la jeune femme a rencontré le journaliste dans un café à proximité du Figaro. Après une brève conversation normale, Zemmour touche la jeune femme à la cuisse. « Il me dit qu’il n’aime pas la séduction, que ça ne l’intéresse pas », raconte l’attachée de presse citée par Mediapart. Quelques jours plus tard pourtant, l’essayiste envoie un message glaçant que la jeune femme vient de publier : « Alors j’attendrai que vous m’invitiez chez vous pour vous violer ! »

Le second cas s’est produit dans les années 90 et concerne une jeune femme qui rencontre Zemmour dans le cadre de son mémoire. L’étudiante de 21 ans raconte que Zemmour l’a touchée lors d’une conversation : « Il me fait quelques compliments, il rentre vraiment dans des propositions très claires pour des relations intimes », dit la jeune femme et poursuit que Zemmour aurait « mis sa main sur [sa] cuisse, de façon appuyée » et l’aurait laissée posée en continuant à [lui] parler, avec vraiment ce regard insistant ». Après l’entretien, il l’a suivie dans l’ascenseur du journal pour la presser. Selon son récit, « juste avant d’arriver à son étage », il l’aurait « poussée contre la paroi de l’ascenseur » et l’aurait « embrassée de force, mais très franchement ». « Ça s’est passé très vite, je n’ai pas eu le temps de réagir, il est sorti. ».

Deux nouvelles accusations viennent s’ajouter à celles qui ont déjà été portées à plusieurs reprises depuis le mois d’avril de cette année. Gaëlle Lenfant, conseillère municipale d’opposition à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) et ancienne responsable aux droits des femmes du Parti socialiste (PS), fait état d’expériences similaires. Zemmour l’a ainsi embrassée lors d’une université d’été du PS à La Rochelle au début des années 2000 mais a jusqu’à présent refusé de répondre à toute question concernant l’affaire, après que Mediapart a déjà attiré l’attention sur le comportement du journaliste lors d’une enquête antérieure.

Après que Mediapart a publié son premier rapport visant le harcèlement sexuel, la journaliste et autrice belge Aurore Van Opstal avait affirmé sur Twitter que Zemmour lui avait « caressé la cuisse jusqu’à l’entrejambe » quelques minutes après leur rencontre dans un café parisien. Le fait que maintenant de nouveaux cas continuent d’être révélés au fil des ans démontre en fin de compte le caractère systématique des agressions sexuelles, encore plus dans ce contexte de libération de la parole avec le #MeToo, ainsi que l’impunité dont jouit la classe dirigeante. Éric Zemmour n’a ainsi pas le moins du monde été inquiété lorsqu’il a paradé lors de la manifestation de policiers sans porter de masque, et qu’il a enlacé Jean Lassalle, député et candidat à l’élection présidentielle de 2017 lui aussi visé par des accusations de harcèlement sexuel.