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Politique

« J’étouffe ! » Les derniers mots de Cédric Chouviat accablent la police

Mediapart et Le Monde ont obtenu les enregistrements du contrôle de police à l’issue duquel Cédric Chouviat est décédé en janvier. Comme Eric Garner et George Floyd avant lui, ses derniers mots sont devenus le symbole mondial des violences d’Etat.

lundi 22 juin

Crédits Photo DR

« J’étouffe », les derniers mots de Cédric Chouviat, répétés sept fois, raisonnent particulièrement dans le contexte actuel. « I can’t breathe » est devenu après la mort par asphyxie de Georges Floyd, la phrase qui incarne la brutalité criminelle de la police. En France aussi, un père de famille a perdu la vie à l’issu d’un contrôle de police alors qu’il était en scooter.

Une plaque d’immatriculation peu lisible et quelques mots d’impatience, voilà ce qui semble avoir été selon les policiers qui l’ont arrêté, suffisant pour lui ôter la vie. Dans les enregistrements qu’ont obtenus Mediapart et Le Monde, les échanges sont accablants à l’égard des policiers. Déjà que l’excuse initiale de ces derniers était scandaleuse (un d’eux auraient entendu Cédric prononcer l’insulte « fils de pute »), les révélations attestent que la police a menti au moment de leurs premières dépositions. Une enquête qui alourdit donc les preuves à l’encontre des forces de répression.

La scène dure douze minutes, pendant lesquelles le ton monte progressivement jusqu’à cette dernière phrase de Cédric Chouviat. « Irrespectueux et agressif » selon la police, qui justifie par cela le fait d’avoir opéré à son encontre une clé d’étranglement. Dans des images publiées peu après la mort de la victime en janvier, on y voit en effet clairement les policiers la mettre à terre jusqu’à perte de connaissance.

Face à ces révélations, l’un des avocats Maitre Alimi tempête. "Toute utilisation de ces techniques sera désormais constitutive de meurtre". Si ces enregistrements sont dévoilés par deux médias, il ne fait cependant aucun doute qu’en six mois le gouvernement et la Justice ont eu accès à ces mêmes données probantes. Un silence qui en dit long sur la complicité du pouvoir et du système judiciaire avec les méthodes criminelles de la police, après que Castaner ait décidé après un coup de comm de ne pas renoncer à cette technique d’interpellation. Cette dernière semble en effet faire ses preuves puisque c’est celle-là même qui est reconnue dans les meurtres présumés de Adama Traoré, Eric Garner, ou encore George Floyd.

Pendant que ces enregistrements ont été révélés, la police manifestait tranquillement devant la préfecture de police du 93 afin d’intimider la mobilisation autour de la revendication de justice et vérité pour les victimes de racisme et de violences policières.

Aux Etats-Unis et en France, la clé d’étranglement est devenue le symbole de la coercition criminelle et de l’impunité policière. De "I can’t breathe" à "J’étouffe", il s’agit de renforcer le mouvement international qui fissure progressivement le mythe de la police "gardienne de la paix" et met en exergue son rôle répressif et criminel.




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