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Politique

« Je veux rentrer chez moi » : une passante arrêtée par la BAC pour ne pas avoir voulu dénoncer un manifestant

Samedi 21 novembre à Toulouse, en marge d'une manifestation, une passante a été interpellée violemment par des policiers après qu'elle ait refusé de témoigner contre un manifestant qu'il venait d'embarquer. Les policiers ont tenté d’empêcher de filmer la scène.

samedi 5 décembre 2020

Alors que samedi 21 novembre, des dizaines de milliers de personnes manifestaient dans toute la France contre l’offensive sécuritaire et liberticide du gouvernement, une interpellation en marge de la manifestation de Toulouse a pu être filmée et rendue visible par la page Facebook « Cerveaux Non Disponibles ».

Dans la vidéo, Cerveaux Non Disponiblesexplique qu’un individu soupçonné de jet de projectile a subi « une interpellation musclée » par la BAC. Sur la vidéo on voit qu’une passante à vélo est interpellée par un policier qui juge qu’elle a assisté à la scène et la somme de témoigner contre l’homme arrêté. Alors que la passante refuse cet acte de dénonciation et s’apprête à repartir, un deuxième policier arrive et lui bloque la route : ils lui demandent de présenter une pièce d’identité ; après l’avoir cherchée, elle dit ne pas en avoir une sur elle.

Tandis que la caméra continue de tourner, le reste de la scène est caché par les policiers qui s’avancent pour empêcher la personne de filmer la scène. On entend au loin la passante, qu’ils ont isolée contre un mur, qui répète : « Je veux rentrer chez moi ». Des cris de panique suivent. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle soit, elle auss,i interpellée.

A l’œuvre, une fois de plus, la volonté des policiers d’écrire leur version des interpellations. Quand ils ne choisissent pas de plonger dans le faux en écriture ils mettent, comme on le voit ici, la pression à une passante jusqu’à l’embarquer.

Les habitants du rez-de-chaussée de l’immeuble d’en face tentent de filmer la scène depuis leur fenêtre, mais un policier vient fermer et bloquer les volets de l’appartement. Est-il déjà interdit de filmer la police ? Les policiers ne se gênent en tout cas pas pour obstruer les objectifs dirigés vers leurs collègues en train d’interpeller la passante qui crie.

En effet, rappelons que cette vidéo s’inscrit dans un contexte de prise de conscience nationale des violences et de l’impunité policières avec, pour dernières affaires, le passage à tabac raciste de Michel Zecler, la chasse ultra brutale des personnes sans-papiers Place de la République à Paris, ou encore les discours sexistes et racistes du groupe privé Facebook « TN Rabiot Police Officiel ».

La multiplication de ces affaires nous amène tous et toutes à réaliser qu’il ne s’agit ni de simplement réécrire l’article 24 de la loi sécurité globale, ni de réformer la police et ses « brebis galeuses », mais plutôt de questionner l’institution policière dans son ensemble, son rôle, ses acteurs, ses armes. Sans une réflexion globale sur ce qu’est la police, ce qu’elle fait et ce qu’elle représente, il semble difficile de pouvoir venir à bout de la violence. Alors que Macron affirmait hier dans un live sur Brut le 4 décembre « Il y a de la violence dans la société » pour justifier les violences des policiers, répondons-lui : la violence ne flotte pas dans les airs, elle ne sort pas de nulle part, elle est générée par l’Etat et sa police.




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