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Jérusalem-Est : les expulsions, les démolitions et l’épuration ethnique se poursuivent

Israël a repris sa politique de nettoyage ethnique des populations palestiniennes à Jérusalem.

mercredi 30 juin

Nous sommes le mardi 29 Juin dans le quartier de Silwan à Jérusalem-Est, quartier proche de la Mosquée al-Aqsa ; troisième lieu saint de l’islam. Harbi Radjabi voit son échoppe, sa boucherie, détruite sous les coups de boutoir d’un bulldozer escorté par la police Israélienne. Une manifestation Palestinienne a bien tenté d’empêcher, sans succès, cette destruction arbitraire. Des habitants du quartier et des militants de la cause Palestinienne ont affronté la police. A nouveau celle-ci a fait usage de son habituelle violence, matraquages, grenades lacrymogènes et assourdissantes causant 13 blessés.

Vous avez dit épuration ethnique ?

L’histoire ne le dit pas mais Harbi s’est surement assis sur une grosse pierre à côté des décombres de sa seule source de revenus. Source de revenus qu’il détenait depuis des décennies. Las, il est resté quelques minutes, perdu dans ses pensées.

Et il se remémore. Il a reçu ce courrier de la mairie ; tout comme plus de 100 familles ; lui intimant l’ordre de détruire lui-même sa boucherie le 28 Juin au plus tard. La mairie expulse et détruit sous prétexte d’insalubrité et d’illégalité, les logements et commerces palestiniens de Jérusalem Est. Il avait pourtant déposé, depuis longtemps déjà, des demandes de permis de construire. Comme toutes les demandes de permis déposées par les familles du quartier, les siennes ont été rejetées. A la place de son échoppe et des habitations, l’occupant a décidé de construire un parc. Quelle illégalité quand l’Etat d’Israël refuse toute construction palestinienne, quelle insalubrité quand ce sont, par exemple les fouilles du sous-sol qui causent fissures et effondrements ? Il se souvient que de janvier à Aout 2020, 89 immeubles d’habitations ont été détruits et 109 pour tout 2019.

Il se rend compte de l’accélération du processus de nettoyage ethnique planifié par l’Etat colonial d’Israël. Destruction pour faire de la place aux colons, vol des logements dans le quartier de Cheikh Jarrah, installation de colonies dans les territoires occupés et à l’intérieur de Jérusalem Est. Sa famille a déjà payé un lourd tribut à cette politique d’épuration ethnique et d’Apartheid, connue sous le nom de « Judaïsation », dont le but est bien de déloger la population Palestinienne. Les seize membres d’une branche de la famille qui vivaient dans 3 appartements d’un immeuble dans le quartier de batn al Hawa furent expulsés en janvier 2020. Ces appartements ne furent pas perdus pour tout le monde, en effet la famille a été remplacée par… des colons !

Une loi pour consacrer la domination sioniste

Et il fait le lien avec cette nuit du 19 Juillet 2018 quand fut votée une loi fondamentale (pas de constitution en Israël), qui définit Israël comme « le foyer national du peuple juif ». Cette loi consacrait « la suprématie Juive » sur le territoire de la Palestine et les Palestiniens devenaient, de fait, des citoyens de seconde zone (ce qui était déjà le cas mais n’était pas écrit dans la loi). L’Apartheid et la colonisation étaient dorénavant des éléments constituants de l’Etat d’Israël. Pour exemple l’arabe était jusqu’alors une langue d’Etat au même titre que l’hébreu, elle est maintenant sous un statut spécial et l’hébreux seule langue officielle.

Harbi se redresse, se lève, fatigué de ces décennies d’oppression et de répression. Les yeux embués, il se demande ce qu’il pourra dire à ses enfants pour répondre aux questions qu’ils ne manqueront pas de lui poser. Où vivront-ils dans les temps qui viennent ? Surement comme ses voisins, sous une tente de fortune dans la cour, derrière les décombres !

Les pensées que nous prêtons à Harbi Radjabi ne sont que la réalité que vit au quotidien le peuple palestinien. Oppression, répression barbare et sanglante de la part de l’occupant, Apartheid qui ne dit pas son nom, épuration ethnique, enfermements sans procès, tortures, colonisation des territoires sont les traits du quotidien des Palestiniens.

Le sionisme, ennemi de TOUS les travailleurs

Le sionisme démontre tous les jours son caractère raciste, pro-impérialiste, colonialiste et militariste. Cette idéologie sur laquelle repose, pour partie, la domination de la bourgeoisie Israélienne sert ses intérêts, évidemment aux dépends de la population palestinienne mais aussi aux dépend de ceux des travailleurs et travailleuses juifs d’Israël. Le sionisme sert aussi à mettre au pas les travailleurs juifs en imposant par exemple la militarisation de la société, avec un service militaire de 2 ans pour les hommes et d’un an pour les femmes et en obligeant à un nationalisme empêchant toute solidarité entre travailleurs.

Ce qui se passe en Israël et dans les territoires occupés est inadmissible. Nous devons démontrer notre solidarité avec le peuple Palestinien partout où c’est possible, par les manifestations, le BOYCOTT !




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