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Du Pain et des Roses

Jour de carence : sur LCI, Anasse Kazib rappelle la situation des femmes atteintes d’endométriose

Interrogé sur les questions de santé au travail sur LCI, Anasse Kazib, cheminot et militant SUD Rail et NPA – Révolution Permanente, est revenu sur le scandale du jour de carence. En période de Covid, cet outil de pression économique sur les salariés met en lumière ce que subissent notamment les femmes atteintes d’endométriose tous les mois.

mercredi 30 septembre

Le Parisien a révélé le 28 septembre que des contrôleurs SNCF ont continué à travailler malgré un test positif au Covid pour ne pas perdre de l’argent sur leurs salaire. Une attitude dangereuse, mais qui n’est que le produit des pressions financières générées, notamment, par le jour de carence.

Le délai de carence est la période de temps qui court entre le jour de la contestation de la maladie et le jour à compter duquel les indemnités journalières sont payées par la Sécurité Sociale. Après avoir été suspendu pendant la crise sanitaire, il a été rétabli par le gouvernement le 11 juillet dernier, faisant peser une charge économique scandaleuse sur les travailleurs potentiellement touchés.

Interrogé sur la question des contrôleurs sur LCI le jour même, Anasse Kazib est revenu sur les difficultés des travailleurs et travailleuses au quotidien ainsi que sur les effets pervers du jour de carence, et notamment pour les femmes atteintes d’endométriose. L’endométriose est une muqueuse qui grandit lors des menstruations mensuelles, et qui génère des douleurs très fortes pour les femmes. Pourtant, cette maladie n’est pas reconnue comme une maladie chronique et prise en charge par la sécurité sociale, par conséquent, les femmes se retrouvent dans l’obligation d’aller travailler malgré les douleurs pour éviter les pertes de salaires.

Si la situation sanitaire est venue exposer le piège du jour de carence, Anasse Kazib rappelle la situation des femmes atteintes d’endométriose qui en font, depuis longtemps, les frais. Des millions de femmes font en face, tous les mois, à une discrimination constante et à une précarisation Si l’on entend très peu parler de l’endométriose, maladie souvent minimisée, les femmes qui en sont atteintes subissent pourtant des pressions économiques indignes.

Dans son interview, Anasse Kazib dénonce ainsi cette injustice, pour les femmes précaires qu’il fréquente au quotidien, et qui subissent cette maladie tous les mois :

A la suite de son interview, de nombreuses femmes ont témoigné dans les commentaires de la difficulté de vivre avec cette malade, si peu reconnue et très douloureuse. Face à cette situation, Anasse Kazib insiste quant à lui sur un aspect : « il faut revendiquer un maintien de salaire à 100% pour toutes les personnes qui sont malades ».

Si le Covid-19 a révélé l’horreur de la gestion capitaliste de la crise sanitaire, il met également en lumière les conséquences banalisées de la logique du profit sur la santé. L’endométriose constitue un cas typique de maladie dont les conséquences sont trop peu connues. La logique du système de santé et son jour de carence conduit de nombreuses femmes à en souffrir en silence pour éviter les pertes financières. Cette discrimination vient s’ajouter au sexisme en entreprise, à l’inégalité salariale et il faut dénoncer au quotidien ces réalités.