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Notre classe

Contre le désastre du « tout-camion »

Journée de mobilisations jeudi dernier contre la fermeture de la ligne des primeurs Perpignan-Rungis.

Jeudi 20 juin, des rassemblements étaient organisés simultanément à Perpignan et à Paris pour protester contre la fermeture de la ligne de Fret reliant la plateforme de fruits et légumes Saint-Charles International (Perpignan) au marché de Rungis. La fermeture est annoncée pour le 15 juillet, la SNCF et le gouvernement refusant de mener les investissements nécessaires au maintien de celle-ci.

vendredi 21 juin

Les manifestants ont installé un chemin de fer devant la préfecture des Pyrénées-Orientales en signe de protestation. Crédits photo : Nicolas Parent

Jeudi 20 juin, des rassemblements étaient organisés simultanément à Perpignan et à Paris pour protester contre la fermeture de la ligne de Fret reliant la plateforme de fruits et légumes Saint-Charles International (Perpignan) au marché de Rungis. La fermeture est annoncée pour le 15 juillet, la SNCF et le gouvernement refusant de mener les investissements nécessaires au maintien de celle-ci. Des centaines de personnes se sont ainsi rassemblées pour protester contre la catastrophe sociale et environnementale que représente la substitution du FRET par le transport routier.

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies jeudi devant la préfecture des Pyrénées-Orientales, à Perpignan. Parmi elles, des cheminots, des Gilets jaunes, des militants écologistes et de la Confédération paysanne, qui ont installés devant le siège de la préfecture une réplique de chemin de fer en symbole de protestation. Au même moment, plus de 200 personnes parmi lesquelles des militants écologistes et syndicalistes étaient également réunies à Paris, devant le ministère des Transports où se déroulait une réunion sur l’avenir de l’exploitation de la ligne de FRET par la SNCF. Pour autant, les participants n’avaient guère d’illusions sur l’issue de cette réunion.

Le combat pour le maintien de la ligne de FRET semble trouver un large écho. Et pour cause, la ligne reliant la plateforme logistique de fruits et légumes Saint-Charles International (Perpignan) à Rungis concerne près de 400 000 tonnes de marchandises par an qui, si elles devaient être acheminées par réseau routier représenteraient 25 000 camions en plus sur la route chaque année, soit plusieurs dizaines de tonnes de CO2. Un non-sens écologique, alors que les transports représentent 60% des émissions de gaz à effet de serre. Selon la CGT, depuis l’ouverture du FRET à la concurrence en 2006, le transport de marchandises ferroviaire aurait baissé de 7 points tandis que la part du routier ne cesse d’augmenter. De plus, l’augmentation du trafic routier a également pour conséquences l’encombrement de la circulation ainsi qu’un plus grand risque d’accidents. Selon la CGT, concernant l’emploi, le délaissement de la plateforme Saint-Charles International pourrait également à terme menacer 6000 postes, ainsi que 3000 emplois induits.

Une illustration des choix politiques menés par la SNCF et le gouvernement, de dégradation du service ferroviaire et d’ouverture à la concurrence, dans la continuité du pacte ferroviaire. La SNCF refuse en effet d’investir pour pérenniser la ligne de FRET, dont les wagons sont vétustes alors même que des investissements ont été réalisés par les collectivités territoriales pour moderniser la gare de Rungis. Pourtant, avec une maintenance adaptée et plus d’investissements, les cheminots affirment que la durée de vie des wagons pourrait être rallongée.
Pourtant, dans bien des cas, le faux argument de « la rentabilité » n’est même pas valable. En ce qui concerne le transport de marchandises, le coût par tonne au kilomètre est de 55 centimes pour la route contre 18,5 centimes pour le rail en moyenne. Le seul véritable avantage de ce type de transport est qu’il permet au patronat routier d’avoir accès à des travailleurs plus flexibles, la sous-traitance de travailleurs issus de pays où la main d’œuvre est moins chère étant courante dans le secteur. La différence de coût liée à la route sera bien sûr absorbée par le consommateur.

L’annonce de la suppression de cette ligne avait été faite peu de temps après l’annonce de la suppression du service d’auto-train, un service de transport qui permet de se faire acheminer sa voiture et qui a transporté 33.500 véhicules en 2018. Une mauvaise nouvelle de plus pour les usagers, les cheminots et l’environnement.
Alors que Macron et son gouvernement ont maintes fois voulu afficher un vernis écologiste -les annonces de Nathalie Loiseau aux européennes étant les derniers éléments en date- ceux-ci démontrent encore une fois que loin de se soucier du service public ou de l’environnement, leurs réformes s’adressent au grand patronat. Face à cela, dans un souci environnemental et pour le maintient des emplois liés à ce type de ligne, il s’agit d’aller à l’encontre de la privatisation progressive du réseau ferré et de maintenant son caractère public !




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