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Du Pain et des Roses

TDOR 2021

Journée du souvenir trans 2021 : la transphobie tue toujours

Le 20 novembre est, comme chaque année, la date du Trans Day of Remembrance (TDoR). L’occasion pour les associations d’appeler à des hommages aux victimes de crimes de haine transphobe. Acceptess-T appelle à un rassemblement devant l’Hôtel de Ville de Paris à 18h, et d’autres rassemblements sont attendus partout en France.

mardi 16 novembre

Le 20 novembre est la date du Trans Day of Remembrance (TDoR) ou Journée du Souvenir Trans, célébré chaque année depuis 1999 en hommage aux victimes de crimes de haine transphobe. Le nombre de crimes de haine commis à l’encontre des personnes trans est difficile à estimer, faute de reconnaissance de leur caractère transphobe par la loi dans de nombreux pays. Même lorsque la loi permet de le reconnaître, le caractère transphobe des meurtres n’est pas toujours retenu par les fonctionnaires chargés de qualifier les infractions. Ainsi en France le droit pénal prévoit qu’une atteinte à la personne « en raison de son identité de genre » soit une circonstance aggravante ; toutefois, les atteintes aux personnes en raison de l’identité de genre sont rarement comptabilisées dans les statistiques, voire niée par les policiers. Elles sont parfois considérées comme des expressions de sexisme ou d’homophobie sans prendre en compte la spécificité de la violence transphobe, comme en témoigne la militante Venus Liuzzo dans une vidéo où elle explique avoir voulu porter plainte après avoir subi une agression transphobe et qu’une policière lui a répondu que la transphobie n’était pas reconnue par le droit pénal, ce qui est faux en application du 5ter) de l’article 222-13 du code pénal.

Il résulte de ces difficultés à comptabiliser les meurtres et agressions transphobes que les statistiques proviennent principalement des associations de défense des personnes trans, et que certains meurtres transphobes ne peuvent tout simplement pas être répertoriés. Le projet Trans Murder Monitoring estime toutefois que 350 personnes trans ont été assassinées dans le monde en 2020, et que 98 % d’entre elles étaient des femmes, travailleuses du sexes connues dans deux tiers des cas, la plupart du temps racisées, et migrantes dans la moitié des cas de meurtres ayant eu lieu en Europe.

Ces meurtres souvent particulièrement cruels, comme celui de Bee Love Slater, morte brûlée dans sa voiture en Floride en 2019, celui en France de Jessyca Sarmiento, volontairement fauchée par une voiture dans le bois de Boulogne en février 2020 ou encore celui en septembre dernier d’Ivanna, témoignent de la haine dont peuvent être victimes les femmes trans racisées et travailleuses du sexe, haine à laquelle elles sont particulièrement vulnérables du fait de la stigmatisation, de l’isolement et de la précarité.

La journée du souvenir trans est destinée à rendre hommage aux personnes trans assassinées parce qu’elles étaient trans, mais doit également inviter à penser à des moyens d’éviter de futurs meurtres et de réduire la surmortalité à laquelle font face les personnes trans à cause de la transphobie systémique. Nous apportons tout notre soutien aux associations communautaires telles qu’Acceptess T et défendons la régularisation de tous les sans papiers, le droit au logement et à un travail pour toutes et tous pour briser la précarité extrême qui permet à de tels meurtres de se produire et participe au maintien dans la marginalité des personnes trans et en particulier des femmes trans migrantes. Nous relayons l’appel d’Acceptess-T à un rassemblement le 20 novembre à 18h devant l’Hôtel de Ville à Paris et tous les autres événements prévus en France recensés par la Fédération Trans et Intersexes :




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