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Du Pain et des Roses

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Journée internationale du droit à l’IVG : il faut continuer à se battre dans la rue ! 

Alors que l’interruption volontaire de grossesse est dépénalisée en France depuis plus de 46 ans avec la loi Veil, il est important de rappeler que l’accès à ce droit est inégalitaire et qu’il faut continuer à se battre dans la rue pour obtenir l’allongement du délai et la suppression de la clause de conscience.

mardi 28 septembre

Crédits photo : AFP / Geoffroy VAN DER HASSELT

La « marée verte » de la lutte pour le droit à l’avortement libre et gratuit a inondé les rues de plusieurs pays du monde, démontrant qu’il est urgent de continuer à se mobiliser pour ce droit fondamental. Et cela ne concerne pas seulement les pays où il est encore illégal. En France, l’accès à ce droit continue non seulement d’être un privilège de classe, mais il a aussi lourdement souffert de tous les coups néolibéraux qui ont réduit le budget de la santé, des centres IVG et du planning familial.
 
2000 : c’est le nombre estimé de femmes françaises ayant eu recours à une IVG à l’étranger en 2018. En effet, si en France le délai légal est établi à douze semaines, il est possible d’avorter jusqu’à vingt-quatre semaines au Royaume-Uni, vingt-deux semaines aux Pays-Bas ou encore quatorze semaines en Espagne. Mais si les délais plus longs de pays voisins semblent être une solution, c’est une option réservée aux femmes pouvant financer le voyage et l’opération, et donc inaccessible pour les femmes précaires ou sans-papiers. 
 
La question d’un éventuel allongement du délai légal français de l’interruption volontaire de grossesse est en suspens depuis son rejet en janvier 2021 par le Sénat, majoritairement à droite, via une motion de procédure permettant de rejeter un texte sans débattre de celui-ci
 
Comme le rappelle le quotidien Libération, l’allongement de ce délai est maintenant entre les mains du gouvernement, qui ne risque pas de mettre sur la table ce sujet à la veille des élections présidentielles : « L’idée, c’est de nettoyer la piste d’atterrissage de Macron pour qu’elle ne soit pas encombrée ».
 
D’ailleurs, les propos tenus par Emmanuel Macron dans un entretien accordé au magazine Elle en juillet dernier illustre bien une volonté d’esquiver la question, sur fond de culpabilisation et de victimisation envers celles ayant recours à l’avortement : « Chaque année, 4 000 à 5 000 femmes vont à l’étranger pour pouvoir le faire, mais c’est avant tout le signe d’un échec de notre prise en charge, a argumenté le chef de l’État. L’IVG est une conquête immense pour les femmes, et pour les hommes, pour la dignité et l’humanité de tous. Mais je mesure le traumatisme que c’est pour la femme d’avorter ».
 
Mais l’avortement ne devrait pas être traumatisant si de bonnes conditions sont garanties. Aujourd’hui en France, les femmes sont non seulement confrontées à la limite des 12 semaines, mais doivent souvent parcourir plus de 45 kilomètres pour trouver un centre réalisant cette pratique, en raison du démantèlement des centres IVG et de l’existence de la clause de conscience, qui fait que de nombreux médecins refusent de pratiquer des avortements encore aujourd’hui.

Mardi 28 septembre était la journée de lutte pour l’accès au droit à l’IVG, lors de laquelle des rassemblements dans de nombreuses villes ont été organisés. Il est primordial de rappeler que ce droit n’est jamais définitivement acquis et qu’il est à défendre sans relâche et sans rien attendre des institutions bourgeoises. En effet, les dernières mobilisations féministes pour l’accès à l’avortement au Mexique, en Argentine, au Chili, en Pologne ou encore en République Dominicaine nous démontrent l’importance de l’organisation et la lutte dans les rues, en totale indépendance des institutions de l’État : pour l’allongement du délai légal de l’interruption volontaire de grossesse, pour la suppression de la clause de conscience et des moyens pour la santé !




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