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Julian Assange ne sera pas extradé mais reste emprisonné. Liberté pour le lanceur d’alerte !

Lundi, la justice anglaise a refusé l’extradition de Julian Assange accusé d’espionnage aux Etats-Unis suite à la révélation sur Wikileaks de documents secrets de l’impérialisme américain. Une victoire relative en lien avec l’état de santé de Assange, qui n’a pas empêché la justice de refuser sa mise en liberté quelques jours plus tard.

mercredi 6 janvier

Crédit photo : AFP

Après presque deux ans passés dans les geôles anglaise, Julian Assange a vu ce lundi [la demande d’extradition des États-Unis le concernant rejeter par la juge britannique Vanessa Baraitser. Accusé d’espionnage et de piratage informatique et risque 175 années de prison pour ses révélations sur les agissements de l’impérialisme américain qu’il a publié avec sa plateforme WikiLeaks. Le ministère public américain a cependant déjà annoncé vouloir faire appel de cette décision et ne démord pas de voir Assange condamné aux USA à passer le reste de sa vie entre quatre murs.

Mais ce n’est pas pour défendre la liberté de la presse que la juge a décliné la demande américaine. Ce sont en effet les troubles psychiatriques dépressifs de l’accusé qui ont été retenus, la défense arguant que les risques de suicide de Julian Assange seraient très élevés une fois détenu par les États-Unis. Si le résultat de ce jugement reste positif, il reste donc un mauvais signe pour la liberté de la presse puisque, au-delà de la personne et de la psychologie d’Assange, il acte le refus de créer une jurisprudence pour protéger les lanceurs d’alerte.

Pas d’extradition mais Assange restera emprisonné

De plus, la même juge a [refusé ce mercredi 6 janvier la demande de remise en liberté sous caution >https://www.revolutionpermanente.fr/Jeudi-7-mai-Participe-a-la-campagne-MasquesGratuits] demandée par ses avocats. Julian Assange est donc très loin d’être tiré d’affaire, et continuera d’être enfermé dans la prison de haute sécurité de Belmarsh où il séjourne depuis son arrestation le 11 avril 2019.

Depuis 2010 et les grandes révélations de WikiLeaks, Julian Assange fait en effet face a une répression internationale. Tout d’abord sous le coup d’un mandat d’arrêt Interpol pour agression sexuelle à la demande de la Suède, le journaliste est arrêté par le gouvernement britannique en décembre 2010 en vue d’une extradition. Une procédure qui a fréquemment était perçue comme une manipulation visant à réprimer le journaliste et à faciliter son extradition aux Etats-Unis. L’Australien nie en bloc ces accusations et est finalement libéré sous caution, mais doit cependant porter un bracelet électronique. En juin 2012, la Cour Suprême du Royaume-Uni valide en appel le principe de son extradition. Il va alors se réfugier dans l’ambassade équatorienne de Londres et y demander l’asile politique. Il y restera confiné pendant sept années, ne pouvant mettre un pied en dehors du bâtiment sans risque d’être arrêté par les forces de police britannique. Il a par ailleurs été révélé que pendant tout ce temps passé dans l’ambassade, Julian Assange a été espionné en permanence par des caméras et des micros installés par la CIA, qui permettait à celle-ci de suivre tous les enregistrements en direct. Scotland Yard aussi le surveillera pendant toute la durée de son asile.

En 2019, l’arrivée de Moreno à la tête du gouvernement équatorien change la donne. Ce dernier est en effet asservi à l’impérialisme américain et met un terme à l’asile offert par le gouvernement équatorien. La police londonienne est alors invitée au sein même de l’ambassade pour procéder à l’arrestation du fondateur de WikiLeaks . La base juridique de son arrestation était alors le mandat d’arrêt lancé en 2012 à la suite de l’affaire suédoise. Cependant l’enquête suédoise, réouverte après son arrestation par le gouvernement suédois, a rapidement été classée sans suite. La justice britannique va pourtant maintenir ascension détention, lui reprochant de ne pas avoir respecté les clauses de sa libération conditionnelle et le condamner à 55 semaines de prison ferme.

De son côté, dès 2010, le gouvernement américain a ouvert une enquête sur WikiLeaks et Julian Assange. Pendant ces sept années passées dans l’ambassade, aucun mandat n’avait été émis de la part du gouvernement des USA, mais CNN a révélé en 2017 qu’un acte d’accusation était prêt, un mandat d’arrêt sous scellé, prévu pour exiger son extradition une fois arrêtée. Il est inculpé d’espionnage et de piratage informatique. Parmi ces multiples chefs d’accusation, le plus central est celui d’avoir aidé Chelsea Manning (l’une des sources de WikiLeaks qui a passé huit ans dans les prisons américaines depuis 2010) alors analyste militaire, à accéder à des documents classés secrets défense. Ce qui dépasserait sa fonction de journaliste et permettrait aux États-Unis de le condamner comme espion et hacker.

Cette implacable poursuite avait commencé après la publication sur WikiLeaks de fuite sur les activités de l’armée américaine dans les guerres en Irak et en Afghanistan, qui ont montré au monde entier les meurtres de masse et la terreur engendrée par les armées d’invasions de l’oncle Sam.

WikiLeaks : des révélations sur les méfaits impérialistes qui coûtent à Assange une répression féroce

WikiLeaks est une ONG fondée par Julian Assange en 2006 dans l’objectif de créer une plate-forme pouvant donner une audience au lanceur d’alerte et aux fuites d’informations de manière totalement anonyme. En quelques années, c’est plusieurs millions de documents relatant des affaires de corruption, d’espionnage et de violation de droits de l’homme qui seront publiés sur le site Internet.

Comme la vidéo « Collateral murder » révélée en 2010, dans laquelle on voit des Marines américaines tirant sur des enfants et des photographes depuis un hélicoptère Apache en Irak en 2007, et plus largement les « War Logs », ensemble de documents mettant en lumière la barbarie et la brutalité des méthodes utilisées par l’armée américaine en Irak et Afghanistan, et révélant de véritables crimes de guerre. De même, WikiLeaks a mis en lumière les pratiques de torture des centres de détention américain, ou ont été internés plusieurs milliers d’Irakiens dans de véritables camps de l’horreur dont furent publiés les guides de torture fournie aux militaires.

Ces persécutions et cette peur constante accompagnent Assange depuis maintenant une décennie et ont conduit à son actuel état de fragilité physique et psychologique. Le combat de Julian Assange, quelques soient ses prises de position parfois contestables, est celui de la liberté d’expression et de la liberté de la presse. Face à la répression qu’il subit, nous exigeons sa libération et l’abandon total des charges d’espionnage et de piratage pour lui et tous ceux qui dénoncent les crimes de l’impérialisme !




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