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Kabako à Bordeaux. Des mineurs isolés jetés à la rue par la préfecture et le département

Deux semaines après avoir été expulsés de leur lieu de vie, les jeunes du Kabako ont été virés ce jeudi 7 octobre des hôtels dans lequel ils avaient pu rester. Entre les mensonges de la préfecture et le laissé faire d’Hurmic, les drames humains s’enchaînent dans la ville.

jeudi 7 octobre

Il y a deux semaines le lieu de vie du Kabako, qui accueillait mineurs non accompagnés, dans l’attente de la fin de leur période de recours et de l’accès aux aides pour les mineurs isolés, a été expulsé par la préfecture et le département. La préfecture leur avait seulement proposé un hébergement d’urgence dans trois hôtels bordelais jusqu’au 11 octobre a minima.
Comme le rapporte un communiqué du collectif du Kabako, des Médecins du Monde Aquitaine et l’association Tremplin qui ont rencontré la préfecture le lendemain de l’expulsion du lieu de vie le 24 septembre, «  la représentante de la Préfecture déclare qu’elle s’attachera à ce que leurs conditions d’hébergement soient adaptées à leur situation particulière et propose de faire du "cas par cas" dans la prolongation de ces mises à l’abri. Le Département et la Préfecture ont également accepté de régler la question de l’accès aux produits alimentaires et aux produits d’hygiène pour les 25 jeunes hébergés ». 

Pourtant dès ce jeudi matin six jeunes ont été viré de leur hébergement par les hôteliers suite à de nouvelles directives de la part de la préfecture envoyées mardi en début de soirée et se retrouvent aujourd’hui à la rue, les autres hôtels vont être vidé d’ici à lundi prochain. Alors que les collectifs devaient faire le point ce jeudi 7 octobre avec la préfecture et le département sur la situation 25 ex-habitant du Kabako, la préfecture a déclaré ne pas être au courant de ces expulsions. Comme le déclare Claire, membre du collectif du Kabako, « cela est totalement impossible car ce sont des directives de la DDCS ( direction départementale de la cohésion sociale), c’est tout à fait illogique, on se retrouve à genoux à demander à minima que les 6 qui ont été mis à la rue ce matin soit logé en hôtel jusqu’au 11 octobre, on en est à leur demander que juste ils tiennent leur engagement  ». Si les propositions de relogement étaient initialement largement insuffisantes, la préfecture ne les respecte même pas et ment au nez des associations et des mineurs. « On a rien, on a aucune perspective et on a rien à leur dire  », ne peuvent que déplorer les membres du collectifs le Kabako qui ne peuvent compter à présent seulement sur les réseaux de solidarité militants.

Ainsi, si le département avait justifié l’expulsion du Kabako par «  l’insalubrité de l’immeuble [...] et l’importance de mettre à l’abri les personnes reconnues mineures  », cela n’est qu’un pur mensonge et démagogie. D’une part la département et à sa tête Jean-Luc Gleyze et sa majorité PS est directement responsable de la situation. Comme nous le citions déjà, ils tentent de se dédouaner en interpelant le secrétaire d’Etat en charge de l’Enfance en appelant à "« Un meilleur travail en amont permettrait d’éviter des expulsions, vécues comme des injustices quand elles interviennent après plusieurs années d’accompagnement. »Pourtant le Département est propriétaire du bâtiment que le Kabako occupé, la majorité PS a donc ordonné leur expulsion. Un discours démagogique, bien loin d’une réalité où le département et la préfecture, en plus de mentir, laissent sans scrupule des mineurs sans solution de logement, alors qu’ils sont pour la majorité d’entre eux venu en France pour fuir leur condition d’existence désastreuse dans leur pays d’origine et espérer une meilleure vie.

Une situation encore plus scandaleuse lorsque l’ont ne peut constater le silence complice de la mairie de Pierre Hurmic sur cette affaire. Si la mairie a voté le 23 février dernier une motion s’engagent à une meilleure prise en charge des jeunes migrants au travers d’un projet commun avec le département et la préfecture, force est constater que la mairie bordelaise EELV cautionne la mise à la rue des jeunes mineur de l’ex Kabako. Après avoir accompagné les expulsions violentes de la préfète Buccio des lieux de vie de l’Éclaircie et La vie est belle, cette nouvelle situation ne fait que lever le voile sur le vernis progressiste que veut se donner la mairie de Pierre Hurmic. L’annonce de l’accueil d’une cinquantaine de migrants Afghans, en plus d’entrer dans le jeu de la démagogie du tri entre les bons et les mauvais migrants, n’est que la façade hypocrite d’une mairie qui accompagne la criminalisation des migrants qu’elle laisse expulser chaque année sur son territoire.

Une nouvelle fois nous avons la démonstration que nous ne pouvons pas compter sur les institutions pour répondre à ces situations inhumaines. En plein tournant autoritaire et raciste du gouvernement, et avec la sur-médiatisation du xénophobe Zemmour, il est nécessaire de se montrer solidaire envers la situation des jeunes du Kabako. Les logements doivent être réquisitionné pour apporter un toit à toute personne dans le besoins sans aucune discrimination, tous les sans papiers doivent être régularisé et être libre de circuler, s’installer et vivre dans des conditions dignes.

Crédit photo : Kabako




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