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Intimidation judiciaire

Kamel Guemari condamné : la « Justice » au service d’une nouvelle intimidation de McDo

Après 24h de garde à vue, Kamel Guemari, syndicaliste combatif et militant connu pour avoir réquisitionné un McDonald’s au service de l’aide alimentaire, a été finalement condamné suite à une altercation avec le directeur d’un restaurant McDo. Si la plupart des charges sont tombées au cours du procès, cette condamnation reste un scandale à dénoncer.

mercredi 24 juin

Photo :Radio Parleur

Mardi 23 juin, Kamel Guémari ainsi qu’un de ses amis étaient placés en garde à vue suite à une plainte pour « menaces de mort et violences aggravées par deux circonstances, en réunion en raison de l’orientation sexuelle ». Un placement en garde à vue que dénonçait rapidement les proches de Kamel que nous avions interrogé. « Kamel a toujours milité aux côtés de Collectifs LGBTQI, l’idée d’une agression homophobe est juste absurde. En réalité, il s’agit d’une attaque d’un directeur d’un McDonald’s qui appartient à un franchisé bien connu, Mohamed Abassi, qui est depuis longtemps en conflit avec Kamel et les travailleurs du restaurant de Saint-Barthélémy qu’il souhaitait racheter... » nous racontait ainsi un bénévole du McDo de Saint-Barthélémy.

Hier, à l’issue de sa garde à vue, Kamel Guémari et son ami étaient finalement envoyés au tribunal, en comparution immédiate. Un procès au cours duquel les accusations d’homophobie et de menaces de mort sont rapidement tombées, mais qui s’est conclu par une condamnation à 4 mois de prison avec sursis et 1an de probation pour Kamel Guémari, ainsi que 3 mois de prison avec sursis pour son ami et 800 euros de dommages et intérêts.

Une condamnation moins importante que celle qui était initialement requise comme l’a noté Maître Rebstock à la sortie du procès : « Le dossier a été ramené à sa juste mesure. Tout ce qui était « homophobe » a été écarté par le tribunal. (…) Il a été uniquement condamné par les faits qu’il reconnaissait, dans un climat de tension sociale que vous connaissez. Il a été condamné pour des violences qui auraient été une contravention, mais aggravées par le fait qu’ils étaient deux. Il est également relaxé pour les menaces de mort, donc le dossier se réduit finalement à peu de choses. ».

Une condamnation moindre mais qui reste tout bonnement scandaleuse, surtout lorsque l’on connaît le fond de l’affaire. Kamel est d’ailleurs lui-même revenu dessus à sa sortie. « Cette personne a traumatisé des salariés, qui ont fait des tentatives de suicide au sein de leur restaurant. Lorsque je l’ai vu, je l’ai interpellé parce qu’il a craché par terre et insulté. Je lui ai demandé si il trouvait que ses agissements étaient dignes d’un responsable, je me suis un peu énervé, mis en colère et je lui ai mis une tape derrière la tête qu’on voit dans la vidéo. » a-t-il expliqué à ses soutiens venus l’accueillir. Une perte de sang-froid que le directeur de restaurant n’a pas hésité à instrumentaliser pour tenter de faire condamner Kamel Guémari.

La condamnation reste ainsi scandaleuse aux vues non seulement des faits, mais aussi de l’acharnement que subit Kamel depuis près d’un an par des représentants McDonald’s qui n’ont cessé de l’attaquer. On se souvient, outre la tentative de licenciement abusif, de la volonté du directeur de l’établissement d’acheter pour 25 000 euros un faux témoignage à l’encontre du syndicaliste ainsi que de la tentative de meurtre par une voiture dont il a été victime. Des attaques dans le cadre desquelles aucune procédure judiciaire n’a jamais été ouverte. Un constat glaçant à l’heure où la « Justice » condamne en moins 24h Kamel suite à la plainte d’un directeur de restaurant, qui rappelle le fonctionnement à deux vitesses de cette institution. Face à ces attaques répétées, toute notre solidarité avec Kamel dans son combat !




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