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Société

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Karim, livreur pour Ubereats, tué alors qu’il rentrait chez lui

Les coursiers, ces forçats du bitume sans protection sociale et surexploités sont le nouveau visage du capitalisme à la sauce Macron qui rogne sur les conditions de travail et met tout en oeuvre pour tirer le maximum de profit du travail des autres. La dernière victime de cette exploitation outrancière se prénommait Karim. Il a été tué dans un accident à Champs-sur-Marne alors qu’il terminait son service.

mercredi 5 juin

Les livreurs ces nouveaux forçats

La mort tragique de Karim, percuté par un automobiliste alors qu’il rentrait chez lui après une journée de travail sur son scooter en tant que livreur pour la multinationale américaine Uber, exprime avec violence les conditions de travail catastrophiques dans lesquelles ces travailleurs sont employés. La logique est simple mais implacable, les salaires aux tâches contraignent les livreurs à de longues journées de travail et à multiplier les prises de risques. L’absence quasi totale de protection sociale contre les accidents poussent les livreurs à reprendre dès que possible le travail contre les avis médicaux parfois. Exposés à la violence du capital et aux dangers de la circulation des grandes villes, ces nouveaux prolétaires sont les victimes de la rapacité capitaliste. Ces dernières semaines ont été marquées par le décès brutal de trois livreurs, à Barcelone, Londres et Paris.

Prolétaires maquillés en entrepreneurs, le discours mensonger du capital

Ces travailleurs sont aussi l’emblème de la mystification du macronisme et de son discours managériale qui tente de maquiller la réalité de l’exploitation sous un discours systématiquement édulcoré. Les livreurs à vélo sont ainsi dépeints comme des petits patrons, à la tête de leur propre micro-entreprise dont le « capital » se résume en fait à leur seule force de travail. Ils ne sont plus des employés au service d’un patron mais « collaborent » autour d’un même « projet » avec tous, patrons compris. La « modernité » macroniste a en fait davantage des airs de capitalisme des origines où les travailleurs étaient réduits à l’état d’esclaves industriels corvéables à merci. Le discours patronal est lui toujours le même : On recouvre la réalité scandaleuse de cette exploitation sous un discours prétendument philanthropique. « Il vaut toujours mieux être livreur que dealer ou chômeur » disait en substance Macron. Il faut refuser ces discours mensongers, le capitalisme n’est pas une nécessité, et la surexploitation n’est jamais une chance ni même un moindre mal. Ce capitalisme surexploitateur fait au contraire plutôt la démonstration de son aberration, il est la maladie dont souffre toute la société et que nous devons renverser.




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