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Kéolis Aix-en-Provence : les grévistes arrachent des augmentations de salaire après 3 semaines de lutte

Après trois semaines de grève, les travailleurs et travailleuses du dépôt de bus de Kéolis à Aix-en-Provence ont arraché à leur direction une augmentation de salaire. Une petite victoire permise par la détermination des grévistes.

lundi 30 mai

Crédits photo : France TV / Mariella Coste

Depuis trois semaines, quasiment aucun bus ne circulait à Aix-en-Provence. A l’origine de cette situation, une grève menée par les travailleurs et travailleuses de Keolis. En effet ces derniers dénoncent depuis longtemps des conditions de travail de plus en plus dures dû au manque de personnels, avec des amplitudes horaires pouvant atteindre parfois douze à treize heure sur la même journée. Un problème que la direction ne semble pas pressée de régler. A cela s’ajoute des salaires qui n’ont pas ou peu augmenté depuis trois ans, malgré une augmentation du coût de la vie.

Pourtant, ces trois dernières années le chiffre d’affaires de l’entreprises lui a considérablement augmenté. L’année 2021 est marqué par une augmentation de 10,3% par rapport à l’année précédentes. Une injustice flagrante qui a poussé les travailleurs et travailleuses de Keolis Aix-en-Provence à se mettre en grève le 2 mai, pour exiger une amélioration de leurs conditions de travail.
« On a demandé des négociations, on a alerté les autorités organisatrices, on a fait des courriers recommandés à la métropole, à la mairie et à Keolis Paris ainsi qu’à la médecine du travail. On n’a pas été écoutés, et au bout d’un moment on est obligés de faire grève pour nos conditions de travail et pour notre salaire » expliquait ainsi Hocine Harba délégué syndical CGT, à notre micro au début du conflit, profondément en colère face au mépris de la direction.

Le conflit a été très suivit par les salariés, avec près de 120 grévistes en grève illimité pendant plus de trois semaines malgré les tentatives de la direction d’imposer l’arrêt de la grève pour commencer à négocier. Une tactique que cette dernière avait déjà mis en place en 2015, et qui avait conduit à l’arrêt de la grève sans que les salariés puissent obtenir gain de cause. En outre, la direction a tenté à plusieurs reprises de réprimer les salariés en grève. Le 16 mai Hocine Harba a été convoqué par la direction, accusé d’avoir menacé de mort le directeur. Une accusation mensongère pour tenter de s’attaquer au délégué syndical qui a été rapidement classée sans suite.

Au final, la détermination des grévistes est allée jusqu’au bout après trois semaines de lutte où ils et elles ont été nombreux à se retrouver pour tenir du piquet de grève du dépôt. Hocine nous raconte : « comme l’a dit un collègue au directeur : c’est grave, les salarié·e·s sont en grève, ils perdent de l’argent, mais ils sont heureux alors que quand ils viennent travailler ils ont la boule au ventre. » Un engouement qui s’est finalement soldé lundi 23 mai par une victoire avec une augmentation minimum de 75 euros nets à l’embauche, et plus selon l’ancienneté.

Pour ce qui est du manque de personnel chronique en revanche, les conditions de travail restent inchangées pour le moment. Cependant, si le cahier des charges proposé par les travailleurs et travailleuses n’est pas rapidement mis en place, ils sont prêts à entrer de nouveau en lutte prochainement.

Une cagnotte de soutien a été mise en place pour limiter les frais engendrés par la grève. Nous vous invitons à y participer afin de soutenir leur mouvement !



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