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Notre classe

L’Etat main dans la main avec la Mairie de Pierre Hurmic pour expulser le squat LX Perchatte

La Mairie de Bordeaux et la Préfecture ne cessent de durcir leur politique à l'encontre des sans-abris et migrants, en plein hiver et dans une situation épidémique qui s'aggrave, menaçant de nouveau un squat d'expulsion. Ce lundi 8 février, le Squat LX Perchatte situé à La Bastide, aura donc besoin d'un maximum de soutien contre l'expulsion.

samedi 6 février

LX PERCHATTE est avant tout un lieu de vie composé d’une trentaine de personnes dont 3 familles de personnes réfugié.es, des jeunes isolés, des étudiant.es et jeune.s travailleur.ses précarisé.e.s par la crise actuelle, qui y habitent depuis 2 ans pour certain.es. Ce lundi 8 février, en plein milieu de la trêve hivernale pourtant prolongée jusqu’à juin récemment, ce lieu est soumis à une menace d’expulsion. Les 3 familles présentes sur les lieux ont été hébergées suite à d’autres expulsions bordelaises. Parmi eux, certains sont en attente de la régularisation de leur situation depuis plus d’un an, d’autres sont demandeurs d’asile.

Lx Perchatte est un lieu de cohésion entre les différentes populations permettant à la fois aux étudiant.e.s et jeunes précaires de sortir du mal-logement structurel en France, mais également et surtout de permettre à des familles de personnes réfugié.e.s d’acquérir un minimum de stabilité. Ce squat est pour eux la seule solution pour éviter la rue, trouver un travail, scolariser leurs enfants et ainsi d’avoir accès à des droits fondamentaux.

Sans ce lieu, toutes ces personnes se retrouveront sans domicile, et nous verrons augmenter le nombre déjà trop grand de réfugié.e.s et de jeunes dans les rues de Bordeaux. En perdant ce lieu de vie, les habitants déjà marginalisés en temps normal, seront très vulnérables et ce d’autant plus durant la crise sanitaire. Cette expulsion renforce la précarité de leur situation de personnes racisées, queer, enfants et réfugiés. Ce sont des conditions de vie que nous ne pouvons pas accepter et nous dénonçons fermement l’action de la préfecture ainsi que l’inaction immorale de la Mairie de Pierre Hurmic.

En orchestrant cette expulsion, la préfecture qui est le déploiement direct et local de l’exécutif ministériel, met également en lumière les contradictions du gouvernement qui avait annoncé le prolongement de la trêve hivernale en raison de la crise sanitaire. De plus, une des habitant.es nous confie qu’une enquête sociale a été menée en octobre 2020 afin de répondre aux besoins de tous, mais qu’aucune proposition de relogement n’a été faite aux habitant.e.s.

Plus que l’inaction de la Mairie, nous soulignons sa complicité. En effet, la mairie a financé et initié la construction d’un groupe scolaire mitoyen au squat. Avant toute construction, la mairie se doit d’effectuer un référent indicatif, Pierre Hurmic et son équipe sont donc au courant de l’existence de ce squat. En outre, lors d’un échange téléphonique que nous avons effectué, le service chargé de ce projet immobilier affirme « qu’aucun autre déplacement d’habitant » ou « qu’aucune expropriation n’aura lieu » dans le quartier, confirmant qu’il s’agit que d’une action ciblée contre LX Perchatte. Mais dans quels intérêts sinon de virer les couches populaires, les sans-abris et les travailleurs étrangers hors du centre-ville ?

Enfin, nous précisons que le lieu est public dans la mesure où il appartient au Ministère de la Défense. Le bien est effectivement géré par CDC HABITAT, soit la Caisse des Dépôts et des Consignations, une institution publique dont l’Etat est à 100% actionnaire. Il s’agit donc d’une expulsion dont l’Etat est commanditaire et la Mairie complice.

Nous dénonçons fermement la politique de la Mairie qui s’attaque aux plus précaires en profitant du climat sécuritaire et xénophobe imposé par le gouvernement. Il est inacceptable qu’une personne de plus se retrouve à la rue suite à l’expulsion d’un squat. Il est impératif d’assurer le droit au logement, au travail et à une vie digne pour tous et toutes, pour cela nous revendiquons la régularisation immédiate de tous les sans-papiers.

Les habitants auront besoin d’aide ce lundi 8 février, d’abord pour des besoins pratiques : des personnes, des véhicules pour aider à déménager leurs affaires. Mais également un soutien par votre présence sur les lieux, pour filmer et visibiliser la situation des familles qui subissent les attaques répétées de la Mairie : il faut organiser un large soutien et construire un rapport de force face à la politique criminelle de l’Etat qui ne cesse de multiplier les expulsions. Après les lois liberticides à l’image de la loi sécurité globale qui interdit de filmer la police, il est primordial d’organiser un véritable front contre les violences policières qui sont inhérentes à ces expulsions. Le NPA - Révolution Permanente appelle par conséquent tout un chacun et les organisations, associatives, syndicales et politiques, à venir soutenir LX Perchatte contre son expulsion ce lundi 8 février.




Mots-clés

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