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Politique

Chèque en blanc au patronat

L’Etat vole au secours d’Europcar avec une garantie de prêt à 90%

Ce dimanche, l’entreprise de location de voitures Europcar a annoncé qu’il lui avait été accordé 220 millions d’euros de prêts bancaires garantis à 90% par l’Etat. Une aide considérable alors que les travailleurs continuent d’être en première ligne et à manquer cruellement de moyens, alors que le bilan humain s’élève à 25 000 personnes décédées en France.

lundi 4 mai

Mi-avril, le gouvernement présentait un « plan d’urgence économique », dont l’objectif principal était surtout d’offrir une grosse enveloppe aux entreprises, pour qu’elles ne mettent pas la main à la poche et préservent leurs bénéfices.
Bruno Le Maire annonçait notamment une aide de 20 milliards d’euros pour le financement des « entreprises stratégiques » en difficulté, pour les aider à faire face à la concurrence. En parallèle, seulement 39 millions étaient alloués aux aides alimentaires.

La crise économique à venir sera sans aucun doute d’une violence sans précédent : les prévisions annoncent une baisse de 8% du PIB pour l’année 2020, alors qu’à titre de comparaison il n’avait reculé que de 2,9% en 2009. Alors que les soignants dénoncent encore, plus de deux mois après le début de la crise en France, un manque cruel de moyens, le gouvernement fait une nouvelle fois le choix de renflouer les caisses des grosses entreprises et de les pousser à rouvrir au détriment de notre santé.

Ainsi, ce dimanche, Europcar a annoncé qu’il lui avait été accordé 220 millions d’euros de prêts bancaires garantis à 90% par l’Etat. En contrepartie, l’entreprise explique avoir pris des engagements, comme celui de baisser de 25% les salaires des trois membres du directoires jusqu’à décembre. En 2016, la Présidente du directoire de l’entreprise, Caroline Parot, avait touché une rémunération de 695 154 euros… soit 37 fois le SMIC. Soyons donc rassuré, cette baisse de 25% ne l’empêchera pas de manger. Rappelons également que l’entreprise avait multiplié son bénéfice net par 2,3 en 2018, s’élevant à 139 millions d’euros.

L’entreprise de locations de voiture n’est pas la seule à avoir bénéficié d’une aide considérable de la part du gouvernement : le gouvernement annonçait également il y a quelques jours un plan d’aide à hauteur de 7 milliards d’euros pour l’entreprise privée Air France. Ce sont ces mêmes entreprises, qui aujourd’hui réclament de l’argent, qui hier faisaient tout pour rouvrir les usines et rétablir leurs marges de profit au détriment de la santé des salariés.
Ces choix gouvernementaux ne sont pas anodins, et présagent que le gouvernement et le grand patronat ont bien pour objectif de faire payer la crise -dont ils sont eux-mêmes responsables- aux travailleurs et à la jeunesse.
Alors que le nombre de personnes décédés en France s’élève à près de 25 000, dont des milliers de travailleurs qui n’ont pas pu se protéger, il est urgent de prononcer l’interdiction des licenciements et de toute baisse des salaires, et d’ordonner le contrôle ouvrier sur les entreprises pour assurer le maintien des conditions de travail et le respect des mesures de sécurité et d’hygiène. Comme on l’a vu depuis le début de la crise, les patrons ne prendront que des mesures favorables à leurs bénéfices, et c’est aux travailleurs d’imposer leur gestion de la situation.




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