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Jeunesse

Dotation en millions pour l’Université de Bordeaux

L’IDEX à Bordeaux. 700 millions d’euros : des fusions... et la sélection ?

En décembre dernier, Bernard Cazeneuve a confirmé la dotation de 700 millions d’euros destinés à « La nouvelle Université de Bordeaux » afin de concrétiser le projet « initiative d’excellence » ou « Idex ». En effet, Bordeaux fait partie des trois ensembles d’enseignements récemment confirmés avec Aix en Provence et Strasbourg. Antoine Bordas

jeudi 12 janvier 2017

Le label est un programme permettant de subventionner quelques acteurs de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR). Le but est de développer certains aspects de ces cursus. Les objectifs annoncés peuvent être divers, mais ont financement une certaine tendance à induire des réformes telles que le regroupement des structures et la sélectivité avec, comme souhait, de "se mesurer aux meilleures universités mondiales".

Les spécificités annoncées pour Bordeaux.

Selon le site officiel du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, « L’Idex Bordeaux est mobilisée autour d’une feuille de route qui vise à éclairer le futur de nos sociétés, préparer l’économie de demain, accompagner une grande agglomération dans une perspective d’euro-région et accélérer la transformation de l’université.La construction de la Nouvelle Université de Bordeaux et la mise en œuvre du projet idex porté par le PRES sont deux objectifs complémentaires qui s’inscrivent dans une stratégie d’excellence. »

C’est ainsi qu’est présenté officiellement le projet de la « super-université ». Le terme « excellence » nous oblige à nous interroger sur la possible sélection qui s’opérera et les conséquences directes sur les étudiants.

Être dynamique et performant, notamment sur l’international, est l’objectif principal de ce budget attribué aux universités. Cela implique une formation en partenariat avec des entreprises étrangères, pour but, toujours, d’augmenter la compétitivité entre étudiants. La question est donc de savoir à qui profite réellement cet argent ?

L’ensemble des axes sont développés dans ce document de présentation du projet : « Les recommandations du jury en 2011 mettaient en garde contre deux faiblesses potentielles : le lien avec le milieu socio-économique et l’international ». Ces deux volets développés induisent des enseignements en ligne plus déployés.

La teneur de ce document nous laisse perplexe, l’avenir de l’université semble se lier de plus en plus à un monde du travail au service du patronat, avec une logique de compétitivité, d’excellence…

Le texte s’appuie également sur le désir de poursuivre la « dynamique de convergence entre les acteurs de la recherche et de l’enseignement supérieur depuis plus de 10 ans »

Il est déjà envisagé d’intégrer cette dernière structure extérieure à « L’université de Bordeaux » : « Le nouvel établissement a vocation à accueillir l’université Michel de Montaigne Bordeaux 3 si celui-ci le souhaitait d’ici là. » Aucun doute, la perspective de fusion entre établissement, qui n’apporte que détérioration des conditions d’étude et surcharge de travail pour les personnels, est en ligne de mire.

Un label qui a fait ses preuves ?

Que ce soit à Paris ou encore à Toulouse, ces deux ensembles se sont fait retirer le ‘’label’’. Dans les deux cas, cela a eu pour effet de relancer différents débats loin d’être progressistes, non seulement à propos des projets de fusion, de la sélectivité à différents niveaux ou encore d’autres mesures ayant pour but de reconquérir le fameux label « initiative d’excellence ».

On voit donc que la logique d’unification des établissements n’est pas nouvelle. L’Idex permet une pression concrète appuyant la mise en œuvre de la loi n°2013-660 du 22 juillet 2013, et oblige les établissements à se regrouper sur leur site géographique. Une politique qui entre dans la lignée des lois LRU et de l’autonomisation des universités, fermant le robinet en terme de moyens alloués par l’Etat malgré le nombre croissant d’étudiants dans les universités et ce partout en France. Il est donc primordial de suivre la voie ouverte par les étudiants et personnels à Paris 7, mobilisés contre le projet de fusion.




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