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Société

L’Observatoire international des prisons menacé de fermeture en France

Dans un communiqué paru le mardi 6 novembre sur le site de l’organisation, la section française de l’observatoire international des prisons tire la sonnette d’alarme quant à la possibilité de sa fermeture suite à la baisse des subventions accordés par l’État, une baisse de 66% en 5 ans.

jeudi 7 novembre

L’Observatoire international des prisons, organisation crée en 1990 à Lyon, est aujourd’hui menacé de fermeture après une baisse considérable des subventions qu’elle reçoit de l’État, qui ont diminué de 66% en 5 ans (soit une baisse de 282 000 euros). Une baisse justifiée par le fait que l’organisation ne « rentre plus dans les critères », un argument que la directrice de ladite organisation ne partage pas ; selon elle, « de manière progressive, les pouvoirs publics font le choix de ne plus soutenir les associations qui représentent un contre-pouvoir ».

Durant ses 30 ans d’existence, l’OIP a alerté l’opinion publique sur les conditions de détention des prisonniers, qui sont de plus en plus dégradées, en raison d’une importante augmentation du nombre de détenus, qui a atteint un chiffre record de plus de 72000 en 2019, avec une capacité d’accueil de 62000. Une dégradation qui touche les aspects les plus élémentaires de la vie en prison, à savoir : les soins, l’hygiène de vie , l’alimentation, etc.

La dégradation des conditions de détention est directement liée aux politiques libérales et de plus en plus autoritaires menées par les gouvernements successifs depuis 30 ans. Une politique qui s’accompagne d’une bonne dose de démagogie, dont le refrain, désormais devenu classique avec la question des migrants, se résume au mot « fermeté ». Un discours qui veut représenter les « délinquants » incarcérés comme l’origine des malheurs des travailleurs et des masses populaires, véritable diversion pour faire passer les politique libérales remettant en cause les acquis sociaux.

Bien que les conditions de détention soient de plus en plus en plus difficile, la réalité n’est pas la même pour tout le monde. Ces difficultés touchent essentiellement les prisonniers appartenant aux classes populaires et les immigrés, qui représentent l’écrasante majorité de la populations carcérale ; il suffit de voir le traitement reçu par les délinquants en col blanc, les rares fois où ils sont incarcérés : le dernier en date, Patrick Balkany, condamné pour « blanchiment aggravé de fraude fiscale » a bénéficié d’une cellule standard de 9m2 avec un téléphone fixe, un frigo, des plaques chauffantes ainsi qu’une douche personnelle, et, s’il paye, il bénéficiera aussi de la télé. On est loin des conditions de détentions déplorables pointées par les organisations et les associations.

Devant une justice de classe, elle-même émanant d’un gouvernement de classe au service du capitalisme et de la bourgeoisie, il est tout à fait logique que le passage devant un juge et les conditions de détention suivent une même logique de classe, renforcée par des préjugés sociaux à l’encontre des pauvres, qui, lorsqu’ils sont incarcérés, sont entassés dans des conditions insalubres et inhumaines, tandis qu’on installe les délinquants en col blanc dans des cellules aménagées.

Crédit Photo : © Radio France / Oihana Larzabal




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