^

Politique

Inflation

L’UE « taxe » les super profits : de la poudre aux yeux pour sauver les multinationales

Alors que les profits monstrueux des multinationales suscitent la colère, Ursula Von der Leyen a annoncé la semaine dernière la mise en place d'une taxe sur les « super-profits ». De la poudre aux yeux.

lundi 19 septembre

Mercredi dernier Ursula Von der Leyen, a présenté les mesures que la commission européenne entend mettre en place pour atténuer l’inflation. Parmi celles-ci, la présidente de la Commission européenne a annoncé la volonté d’instaurer une taxe sur les « super-profits ».

La mesure est double. D’un côté les entreprises « qui produisent de l’électricité à bas coûts (nucléaire et énergies renouvelables) et la vendent au prix du marché se verraient prélever leurs revenus dès lors que le mégawattheure dépasserait 180 euros » résume Le Monde. De l’autre, les entreprises liées aux énergies fossiles devraient s’acquitter d’une « contribution temporaire de solidarité ». Cette dernière correspond à une taxe de 33% sur tout bénéfice de l’année 2022 qui serait supérieur à 20% de la moyenne des bénéfices des trois dernières années.

L’objectif est clair de Von der Leyen est clair : répondre à la colère qui se diffuse en Europe face aux profits monstres des multinationales ces derniers mois. Alors que les travailleurs subissent toujours plus les répercussions de la crise et de l’inflation, l’Union Européenne tente de donner l’impression qu’elle agit avec une mesure ultra-limitée et temporaire : non seulement 20% de ces bénéfices monstres restent intactes, mais la grande majorité des profits reste (évidemment) entre les mains des entreprises et de leurs actionnaires qui pourront continuer de s’engraisser sur la crise.

Comme le souligne Justin Delépine pour Alternatives Économiques : « La taxe, ou officiellement la « contribution de solidarité », porte uniquement sur les activités européennes de ces entreprises, ce qui réduit significativement son champ d’application ». Ainsi, elle devrait ne ramener que 25 milliards d’euros soit moins d’un milliard par pays. Rien qu’en France, la crise Covid a été l’occasion de débourser 100 milliards pour les entreprises…

Alors que le débat sur les « super-profits » a émergé en France cet été, la promesse d’une mesure européenne, qui doit encore être approuvée par les États membres, permet par ailleurs d’éviter aux Etats de mettre en place des mesures de taxation. Celle-ci a ainsi déjà permis à Macron de botter en touche. Surtout c’est les multinationales et leurs profits faramineux qu’elle permet de couvrir.

En effet, si Total a vu ses bénéfices doubler puis tripler au premier puis au deuxième trimestre de 2022, à l’image des entreprises de l’énergie, la multinationale accumule des bénéfices exceptionnels depuis des années. Les « super-profits » ne sont en effet qu’un révélateur de l’absurdité d’un système ou une poignée de parasites s’enrichissent sur la réponse à nos besoins vitaux.

Dans ce cadre, ce n’est pas une portion d’une portion des profits qu’il faut récupérer, mais le contrôle sur l’outil de production. Comme la santé lors de la crise Covid, l’énergie est un secteur essentiel et ne doit pas être laissé sous le contrôle des patrons et des actionnaires. Face à la crise, il y a urgence à imposer l’expropriation du secteur sous contrôle des travailleurs pour répondre aux besoins de la majorité et non plus aux profits de quelques-uns. Une telle mesure, qui tient aujourd’hui de l’urgence, ne pourra être mise en place que sur la base de la mobilisation des travailleurs.



Mots-clés

Inflation   /    Union Europénne   /    Politique