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Monde

Déclaration

L’Union Européenne soutient le coup d’Etat en Bolivie !

L’Union Européenne a reconnu la présidente auto-proclamée de Bolivie, Jeanine Añez. De son côté, le Parlement européen se refuse à qualifier de « coup d’Etat » le putsch civico-militaire de ces derniers jours.

jeudi 14 novembre

Au niveau du Parlement, les groupes des conservateurs, des libéraux et des écologistes se sont opposés à une motion visant à qualifier ce qu’il se passe en Bolivie de coup d’Etat. Du côté de la Haute-représentante de l’Union pour la politique étrangère, la sociale-démocrate Federica Mogherini, elle a déclaré en session plénière du Parlement que « l’UE soutient une solution institutionnelle qui permette qu’il existe un gouvernement intérimaire qui prépare de nouvelles élections et évite un vide de pouvoir qui aurait des conséquences pour tout le pays ». Il s’agit d’une manifestation claire d’ingérence impérialiste visant appuyer la droite et l’extrême droite boliviennes qui tentent d’imposer un nouveau gouvernement réactionnaire en capacité de redéfinir le régime politique, qui liquide, par la force, les acquis arrachés par la lutte des classes populaires et qui améliore plus encore les conditions d’investissement des multinationales européennes et étatsuniennes dans le pays.

L’Union essaie ainsi de couvrir, en optant pour une issue électorale, un coup d’Etat des plus classiques qui a été orchestré par la police, qui s’est mutinée contre le gouvernement, par l’armée, qui ne répondait plus à l’exécutif, et par des commandos d’extrême droite qui ont assassiné, séquestré et pris d’assaut des locaux et des domiciles particuliers de dirigeants du mouvement sociaux, du mouvement paysan et de militants et de dirigeants liés au Mouvement Pour le Socialisme (MAS).

Le 13 novembre, les élus du MAS ont par ailleurs appuyé cette couverture institutionnelle du coup d’Etat. Depuis son exil au Mexique, Evo Morales lui-même s’est dit favorable à de nouvelles élections auxquelles il ne se représenterait pas. Il s’agit d’une trahison ouvertes des dizaines de milliers de personnes, d’hommes et de femmes qui résistent au putsch par la mobilisation et en affrontant les forces de police ainsi que l’armée à El Alto, La Paz et dans d’autres départements du pays.

Les groupes qui composent, en Europe, la Fraction Trotskyste – Quatrième Internationale, Le Courant Révolutionnaire des Travailleurs, dans l’Etat espagnol, le Courant Communiste Révolutionnaire, en France, la Fraction Internationaliste Révolutionnaire, en Italie, ainsi que l’Organisation Révolutionnaire Internationale, en Allemagne, dénoncent avec force ce soutien de l’Union Européenne au coup d’Etat, manifestent leur solidarité et leur appui complet vis-à-vis de la résistance au putsch que portent en ce moment des dizaines de milliers de Boliviens et de Boliviennes et invitent l’ensemble des forces de gauche, du mouvement ouvrier et les mouvements sociaux à faire de même rejetant cette manifestation d’ingérence impérialiste.