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Politique

Enquête du Parisien

L’arnaque de la prime Macron : « 450 euros en moyenne » contre les 1000 annoncés

Le Parisien vient de publier un premier bilan de la prime Macron, versée à titre exceptionnel par les entreprises, à la suite de la mobilisation des Gilets Jaunes : 450 euros en moyenne pour 2 millions de salariés, soit bien loin des 1 000 euros annoncés.

mercredi 20 mars

Crédit photo : Serge d’Ignazio, "Acte 18 : manifestation du 16 mars" Flickr

10 décembre 2018, Emmanuel Macron faisait en « prime time » ses annonces supposées calmer la colère des Gilets Jaunes : report puis suppression de la taxe carbone, annonce d’une soit disant « hausse du Smic » de 100 euros par mois, annulation de la hausse de la CSG pour certains retraités, et incitation faite aux entreprises à verser une prime de 1 000 euros à titre exceptionnel.

Rapidement, l’effet d’annonce s’est dégonflé. D’abord parce que l’arnaque de « l’augmentation du Smic » a été vite débusquée : en réalité, il s’agit, pour 80 euros sur les 100 euros donnés, d’une accélération des hausses de la prime d’activité prévues sur trois ans. Soit dit en passant, une prime qui ne compte absolument pas dans le calcul du montant des retraites. Pour les 20 euros restants, Macron les a ponctionné sur les cotisations sociales salariales, base du salaire différé qui sert à financer les retraites, la sécurité sociale, les allocations chômage… Pas un sou à payer pour les entreprises donc. « L’augmentation du Smic » est entièrement financée par le contribuable lui-même et par ses caisses de Sécurité sociale.

En délivrant son premier bilan de la prime exceptionnelle versée par les entreprises, Le Parisien vient de montrer la deuxième grande arnaque des annonces Macron. Evidemment, on se doutait que la « prime de 1 000 euros », dont le versement était laissé au bon vouloir des entreprises sans aucune contrainte légale, aurait du mal à correspondre aux annonces du président. C’est désormais prouvé. Trois mois après l’annonce de la prime, Le Parisien annonce que celle-ci a été versée à 2 millions de salariés, soit environ le nombre de salariés payés au Smic en France, pour un montant moyen de 450 euros. Rien à voir avec le « 13ème mois » dont se targuait Emmanuel Macron en décembre. Ni avec les augmentations de salaire réclamées par les Gilets Jaunes pour faire augmenter leur pouvoir d’achat et les allocations retraites, chômages, qui sont liées aux cotisations sociales.

A quelques jours de la fin du Grand Débat, rebaptisé, à bon compte, « le grand blabla », la sortie de ces chiffres vient démontrer une fois de plus l’arnaque des réponses apportées par Macron à la mobilisation des Gilets Jaunes. Des annonces qui font « pschitt » autant que l’organisation ubuesque de la « concertation nationale » qui devait servir avant tout à renforcer le gouvernement. La manifestation de l’Acte 18, d’une grande ampleur, a su montré que les Gilets Jaunes ne sont pas dupes et qu’ils comptent bien rester mobilisés face au mépris et à la surdité du gouvernement.




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