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Notre classe

L’assemblée de lutte du Mantois et l’AG des Mureaux (78) et environs multiplient les actions !

Ces structures rassemblent les GJ, militant-es syndicaux-ales de toutes organisations, militant-es associatifs ou simples citoyen-nes conscient-es et organisent des actions et des manifestations locales.

lundi 3 février

L’assemblée est allée démasquer des candidats LREM non déclarés comme tels lors de leurs meetings et s’est invitée (accompagnée de l’AG des Mureaux et environs) aux vœux de GPSEO, le Grand Paris Seine et Oise, communauté de communes qui reproduit le type de fonctionnement rejeté par la population : la multiplication des mandats pour les élus locaux des grosses communes notamment (1 président, 15 adjoints et 129 conseillers) et qui prive les maires de leur autonomie tout en captant les impôts locaux...

Tout cela en privatisant des services auparavant communaux, en sous-traitant, précarisant les salariés.
Sans compter que cela permet ensuite de délivrer plus ou moins rapidement les services demandés par les communes, en fonction de l’étiquette politique...
La réunion était présidée par Pierre Bédier (député déjà condamné) et Gérard Larcher, qui se sont enfuis à l’approche de la contestation...

Deux réactions des participants à cette opération.

Jacqueline :

« Quand un groupe d’élues rencontre le peuple... il lui tourne le dos »

Imaginez une salle remplie d’élu·es, de président·es d’associations, de sous-préfets... en tenue d’apparat, verre de champagne à la main et sourire de façade collé au visage. Une atmosphère policée, pour des vœux officiels mielleux, en présence, entre autres, de Pierre Bédier, Sophie Primas, Philippe Tautou ou encore Gérard Larcher.

Dans cet entre-soi confortable, voici donc une quinzaine de personnes qui arrive, qui veut prendre la parole, interpeller l’assemblée sur des questions de société essentielles et sur des projets de réforme catastrophiques pour la population.
On pourrait s’attendre à du silence, peut-être de l’écoute, ou alors une confrontation.
Rien de tout cela. Le micro est coupé, le volume de la musique d’ambiance est augmenté et l’impressionnant groupe d’élu·es interpellé par le peuple, d’un mouvement commun instinctif, lui tourne le dos, se recule ostensiblement et poursuit ses conversations frivoles.

Au cours du discours officiel, il avait pourtant été question d’un « début d’année difficile pour certains ».
Oui, le début d’année est difficile sur le plan des luttes sociales, contre une réforme des retraites désastreuse, contre une vision de la société qui vise à éteindre toute forme de solidarité et à accentuer la pauvreté.
Mais il n’y a pas que ce début d’année. Depuis longtemps, nous dénonçons la misère, les inégalités, les injustices, la répression. Et tout ceci concerne bien directement le territoire du GPSEO !
De belles phrases ont été prononcées par les élu·es pour souligner les difficultés du Val de Seine liées aux trop nombreuses fermetures d’entreprises, avec les pertes d’emplois qu’elles entraînent. Mais, lorsqu’il a fallu en parler directement avec des personnes réelles, en situation précaire ou dans la lutte incessante pour défendre les salarié·es, il n’y avait plus personne. De nouveau, des discours, mais aucun acte. De la poudre aux yeux, aucune réalité.
Les seules personnes venues nous voir ont évidemment attendu le départ de leurs patron·nes…

A la fin des prises de parole, les participant·es ont été invité·es à prendre le verre de l’amitié. L’amitié entre-soi, sans doute. Pour le verre de la solidarité et de la dignité, il faudra repasser !

Qu’à cela ne tienne ! Pas question pour nous de laisser cette assemblée se détourner des réalités : nous voilà parti·es pour siffler, crier, prendre à partie les participant·es par petits groupes, en circulant parmi eux pour leur rappeler le quotidien de celles et ceux qui s’expriment par la seule force de leur voix, qui sont infatigables et déterminé·es dans leur lutte contre la réforme des retraites, contre une société faite d’injustices et de misères.
Petits potentats locaux et convives ont pu apprécier les petits fours et la coupe de champagne agrémentés des sifflets de la colère et des revendications des travailleurs et travailleuses grévistes.
Ce sont eux qui ont dû détourner le regard, piquer du nez vers leurs chaussures, assumer leur honte. Nous, nous sommes resté·es la tête haute, fier·es de nos luttes, de nos revendications, de notre grève.

Que chacun·e d’eux retienne donc bien ceci : toutes et tous, travaillant et vivant dans le Val de Seine, nous sommes là. Notre présence et nos actions ne dépendent, elles, d’aucune élection.
Les élu·es devront faire avec nous, nous ne leur laissons pas le choix.

On notera que le même soir, le président Macron dînait dans un restaurant parisien... après avoir fait boucler le quartier par toute une compagnie de CRS pour s’assurer qu’il n’aurait pas à rencontrer le peuple, lui non plus…

Jacques :

Deux mondes

Des centaines d’élus rassemblés, sénateurs, maires, conseillers, députés, et
puis les personnalités de Bédier à Larcher*
Des discours, du bla bla, comme des perles enfilés, des louanges, des
compliments entre eux échangés : ils sont les meilleurs, ils ont tout préparé,
planifié, décidé.
Et pour finir, le dernier mot est un appel à l’unité, l’unité du pays, par les grèves
menacée, la France est déchirée, ne faisons plus qu’une seule communauté !
Les discours terminés, les vœux expédiés, allez tous aux buffets, les petits
fours sont prêts, le champagne est au frais, trinquez à notre santé, à notre
communauté
C’est alors que fait irruption l’autre communauté : cheminots, enseignants,
électriciens, gaziers, citoyens indignés, citoyens révoltés.
Ils voudraient parler, dialoguer, clamer à l’assemblée leur exigence du retrait
des réformes engagées, leur refus de la misère, mais, pas de chance ! les
micros sont coupés
Et ils peuvent chanter, crier, scander leurs exigences, dénoncer l’injustice, rien
ne trouble l’assistance. On s’écarte un peu des trublions et on continue à
papoter, à grignoter à picoler.
Mais les révoltés, le peuple , la « populace » comme ils disent, ne vont pas
s’arrêter, ne vont pas renoncer.
Ils remercient les élus pour leur superbe indifférence et leur promettent une
lutte qui ne va pas s’arrêter.
Deux mondes :
le capital, ses millionnaires et ses serviteurs, ceux d’en haut,
les employés, ouvriers, les pauvres ceux d’en bas
Comme le dit une chanson de la Commune : « oui mais ça branle dans le
manche, les mauvais jours finiront et gare à la revanche quand tous les
pauvres s’y mettront »

*Bédier est président du conseil général des Yvelines (et vice-président de GPS&O). Gérard Larcher est le président du sénat (2ème personnage de l’état)