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Dictature patronale

L’assemblée vote la précarisation des CDD et intérim sous prétexte de lutte contre le Covid

Dans le cadre du projet de loi « portant diverses dispositions urgentes face à l’épidémie de Covid-19 », l'Assemblée Nationale a voté ce vendredi la possibilité de déroger aux règles de renouvellement des CDD et intérim jusqu'à fin 2020. Un pas de plus vers la dictature patronale sous prétexte de lutte contre le coronavirus.

Irène Karalis

15 mai 2020

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Muriel Pénicaud, ministre du Travail. Crédit photo : Arnaud Journois

Depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement n’a cessé de faire des cadeaux au patronat pour limiter la perte de profits : versement de 100 milliards d’euros pour sauver les entreprises, chômage partiel pris en charge par l’État, augmentation du temps de travail et attaque des congés payés prévues par la loi d’état d’urgence sanitaire...Une fois de plus, les victimes de la crise sanitaire et économique sont les salariés et les plus précaires, transformés en une variable d’ajustement face à la crise.

Ce vendredi, les députés ont voté de nouveaux textes pour faciliter le renouvellement des CDD et de l’intérim pendant la période de crise. Ces textes prévoient l’assouplissement de l’encadrement juridique du recours aux CDD et aux intérimaires. Si aujourd’hui, les contrats précaires sont dans une certaine mesure encadrés par la loi, ces nouveaux textes viennent faciliter la tâche au patronat en lui permettant de disposer plus facilement d’une main d’œuvre flexible. Jusqu’à présent, les CDD ne pouvaient être renouvelés que deux fois, et pour une durée maximale de 18 mois dans la plupart des cas. Avec l’adoption de ce projet de loi, le recours aux contrats précaires est grandement facilité pour les patrons : selon Médiapart, une simple « convention d’entreprise » pourra fixer « le nombre maximal de renouvellements possibles pour un contrat de travail à durée déterminée » et « fixer les modalités de calcul du délai de carence entre deux contrats ».

Ainsi, le gouvernement précarise encore plus les CDD et les intérimaires. Encore une fois, ce sont les plus précaires qui vont payer la crise économique qui se profile, ces mêmes travailleurs précaires qui ont été en première ligne face au virus depuis le début de la crise sanitaire. Ce sont en premier lieu des salariés en contrats courts, partiels ou intérimaires, qui, pour certains, ont connu une surcharge de travail durant le confinement - livreurs, caissières, auxiliaires de vie et aides soignantes… - et qui, pour d’autres, ont vu leurs contrats prendre brutalement fin. Pour adapter la main d’œuvre aux besoins du patronat, ce sont ainsi 49% des CDD qui n’ont pas été renouvelés.

Si Muriel Pénicaud a souligné que cette « mesure n’existe que jusqu’au 31 décembre », elle pourrait bien être renouvelée et inscrite définitivement dans la loi, comme l’a été l’état d’urgence. Nous devons refuser que les précaires jouent le rôle, de manière temporaire ou non, de variable d’ajustement pour sauver et maximiser les profits du patronat. Avec la mise en place de ces nouvelles mesures, ce sont les femmes, les jeunes et les immigrés, ceux qui sont le plus concernés par les contrats précaires, qui vont être touchés. La première revendication dont devraient se saisir les travailleurs est l’interdiction des licenciements et le partage du travail entre toutes et tous avec maintien du salaire.


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