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Politique

Edito

L’aumône du gouvernement ne suffira pas : augmentation généralisée des salaires pour toutes et tous !

Le gouvernement a promis un « chèque inflation » de 100 euros pour faire face à l’augmentation des prix, une mesure très faible et surtout ponctuelle. Mais à l’heure des fins de mois de plus en plus dures, une seule solution est viable : augmenter immédiatement les salaires de 300 euros net pour toutes et tous, indexation de ceux-ci sur la hausse des prix ! Le grand patronat doit payer !

vendredi 22 octobre

Face à la hausse des prix et notamment de l’augmentation exponentielle du prix de l’essence, le gouvernement a dès le début de la semaine annoncé que des mesures étaient en cours de discussions. Et les discussions ont pris du temps, le gouvernement, inquiet a tergiversé longuement. France Info mettait ainsi en avant une source gouvernementale dans un article mercredi : « "Hier encore, il y avait des interrogations" quant à la nature de la réponse à apporter  ». 

Une aide pour contenter tout le monde ?

 

La fébrilité gouvernementale a finalement pris fin jeudi soir avec Castex. La réponse est plus générale que les mesures attendues : 100 euros pour toutes les personnes ayant des revenus inférieurs à 2 000 euros par mois. Une réponse plus large qui révèle l’espoir du gouvernement de contenter un secteur de la population, le plus important possible, tout en évitant l’effet « usine à gaz ». Une réponse qui reste une insulte tant le montant est dérisoire par rapport à l’augmentation des prix et aux fins du mois de plus en plus difficiles à boucler.

La faiblesse de cette mesure laisse également transparaître la peur du gouvernement de risquer de mécontenter sa base sociale de droite à quelques mois des élections avec une politique déjà qualifiée facilement d’« assistanat » ou de « politique du chéquier grand ouvert ». Cette aide, Castex assure qu’elle sera financée par le surcroît de TVA dû à la hausse des prix et par la croissance dont les prévisions pour 2021 sont à la hausse, il cherche ainsi à montrer qu’il maintient l’« équilibre » et qu’il n’ira ni approfondir la dette, ni augmenter les impôts. Dans le même temps en choisissant la voie de l’aide ponctuelle de l’Etat, il tient le patronat à distance du problème et il cherche à éviter toute solution pérenne qui impliquerait de toucher à leurs profits. 

Les classes dominantes inquiètes face à la colère grandissante

 

Le spectre des Gilets Jaunes effraie toujours les classes dominantes et ces dernières sentent la colère monter ces derniers temps. En effet depuis la rentrée les grèves locales se sont multipliées. A commencer dans les transports où une grève dure depuis sept semaines chez Transdev où les conditions de travail sont au cœur des revendications. Et ils sont loin d’être seuls, à Disneyland Paris une grève est en cours qui pose également la question de la surcharge du temps de travail. A Grange Frères, dans la fabrication de plastique, à Labeyrie et Neuhausser dans l’agro-alimentaire ou encore chez EDF c’est la question des salaires qui se pose directement par la grève. Ce week-end encore une partie du trafic de la SNCF sera paralysé par une grève pour exiger de meilleures conditions de travail et une augmentation salariale. 

Si la liste des mouvements est loin d’être exhaustive, elle permet de rendre de compte de la dynamique de lutte sociale qui refait surface après une atonie ces derniers mois. Les négociations annuelles obligatoires (NAO) sont notamment le lieu d’expression d’une colère latente et d’un ras-le-bol généralisé face au coût de la vie et aux conditions de vie dégradées.

 

Face aux miettes : exiger une augmentation des salaires

 

Cette colère et la crainte de son explosion entraînent une série de réponse des classes dominantes. Le retour des éléments de contestations et de lutte sont notamment en train de redessiner les présidentielles de 2022, où les différents candidats commencent à remettre au cœur du débat les questions sociales. Le Pen met en avant « sa sensibilité sociale plus importante » et la gauche cherche à se repositionner. 

C’est pour éviter toute explosion, pour ne pas se laisser déborder par la colère que le gouvernement choisit d’anticiper et répond par un « chèque inflation ». La peur du gouvernement est partagée par une partie des classes dominantes, et c’est dans le même objectif d’anticiper la colère que Alexandre Bompard, PDG de Carrefour a promis de doubler pour ses salariés le montant de la prime. 

La manœuvre est pourtant claire, face à colère et à l’exigence qui commence à se faire connaître d’une augmentation des salaires, le patronat anticipe, choisit de jouer la carte sociale avec une prime –unique, versée une seule fois et finalement peu engageante- pour calmer la colère et éviter de mettre vraiment la main à la poche. Face à la crise, l’aumône lâchée du bout des doigts par le gouvernement et une branche du patronat ne suffira pas. Alors que les hausses des prix pourraient durer et sont déjà montées très haut, la seule réponse viable est une augmentation structurelle et généralisées des salaires de 300 euros net pour toutes et tous, ce qui permettrait d’unifier les revendications de l’ensemble du monde du travail. Il faut aussi une revalorisation immédiate du SMIC à 1800 euros nets. Et comme le coût de la vie augmente, il faudrait imposer, a minima, que les salaires suivent à travers un mécanisme d’indexation des salaires et des pensions sur le taux d’inflation.

De l’argent, il y en a ! Ces trois dernières années les dividendes perçues ont augmenté de 10 milliards d’euros : l’argent existe et il est concentré dans les mains de quelques richissimes ; aujourd’hui il s’agit d’imposer que le patronat mette la main à la poche et augmente les salaires. Pour l’obtenir le chemin à emprunter a commencé à être tracé, par ces grèves qui se lancent aux quatre coins de la France. 




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