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Politique

Justice à deux vitesses

L’automobiliste qui a renversé 4 Gilets Jaunes était...un gendarme mobile !

C'est à Rouen que le 16 février 2019, quatorzième acte des Gilets Jaunes, un homme renverse quatre manifestants, prend la fuite, puis se rend à la police. C'est France Bleu qui révèle son identité : il s'agit en fait d'un gendarme mobile.

vendredi 21 juin

À Rouen, au quatorzième acte des Gilets Jaunes, un automobiliste se retrouve bloqué par le cortège des manifestants. Pris de terreur, ou d’énervement, - on ne sait pas ce qu’il se passait dans sa tête à ce moment là -, l’automobiliste force le passage, renverse quatre manifestants, prend la fuite, avant de s’expliquer au commissariat, pris de remords, et est placé en garde-à-vue ; un homme de 47 ans est sérieusement touché à la tête. Hospitalisé après avoir perdu connaissance, pour un traumatisme crânien, le Gilet Jaune renversé a décidé de porter plainte, après avoir obtenu le résultat de 5 semaines d’ITT (interruption temporaire de travail), et garde aujourd’hui encore des séquelles physiques et psychologiques.

France Bleu révèle l’identité du chauffeur, qui est selon leurs informations un gendarme mobile de l’escadron de Mont-Saint-Aignan (près de Rouen). Quatre mois après sa garde à vue, "l’enquête est en cours", selon le procureur de la République de Rouen, sans donner plus de précisions. Les lenteurs dans le dossier interrogent tout le monde, l’avocate souligne que "l’enquête traîne" : une justice à deux vitesses, pour des milliers de Gilets Jaunes qui sont placés en garde-à-vue, incarcérés, pour des chefs d’inculpation ahurissants, comme pour le cas de Toulouse dernièrement, où deux Gilets Jaunes ont pris 3 et 6 mois ferme de prison et interdiction de manifester, l’un pour le motif d’être alcoolisé, d’avoir fait des doigts d’honneur et soi-disant d’avoir lancé un pavé et l’autre "poursuivi pour dissimulation de visage et pour participation à un groupement formé en vue de la préparation de violence".

Criminaliser les Gilets Jaunes d’un côté, et assurer l’amnistie des forces de l’ordre qui depuis des mois éborgnent, arrachent des mains, via un arsenal répressif toujours plus en escalade et légalisé comme avec la loi anti-casseurs. Entre Benalla qui court toujours, et ce chauffard en uniforme qui a écrasé quatre manifestants, les dossiers semblent longs, très longs à conclure.

photo @William_Lacaill




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