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Notre classe

Témoignage

« L’éducation nationale et la municipalité de Chennevières se préoccupent-elles des enseignants ? »

Nous relayons le témoignage d'un enseignant de Chennevières, dans le 94, qui dévoile les coulisses de la "pré-rentrée", version déconfinement.

mardi 12 mai

 Crédit photo : AFP 

Ce matin, comme beaucoup, je suis allé dans mon école, une grosse école de Chennevières (94), pour cette journée de "pré-rentrée" (terme qui ne convient pas, puisque les enseignant-es ont continué à travailler depuis le début du confinement, y compris pendant les vacances).

Depuis plus d’une semaine, la communication du ministre Blanquer est limpide : "les écoles seront prêtes pour accueillir plus de 80% des élèves de France" !

Je m’imagine donc arriver dans une école déjà préparée par les services municipaux, qui suivent les recommandations du protocole sanitaire de 53 pages.

Ben non ! Déjà, pas de chauffage ! Pas de chance, il fait froid aujourd’hui... C’est la directrice et le régisseur qui ont déplacé les tables de la salle des maîtres-ses dans le préau pour que tout-es les enseignant-es puissent s’asseoir à distance.

Et puis :

  • Pas de masques à notre arrivée. Ils arriveront vers 11 heures, avec la mention sur la boîte : "Ce produit ne protège pas des contaminations virales ou infectieuses" !
  • Pas de gel hydroalcoolique. Nous avons occupé des tables, des chaises, touché la photocopieuse, ... Avec nos mains.
  • Pas de savon dans tous les distributeurs des sanitaires.
  • Aucun matériel pour la signalisation qu’il faudra faire pour "gérer les flux" d’élèves, protéger le matériel, Bâches, scotch de couleur, panneaux, rubalise,... Rien de tout cela !

Certes, la rentrée des enfants est repoussée au 18 ou au 25 mai. Pour autant, il a été demandé aux enseignant-es de faire cette pré-rentrée le 11 et le 12 dans le département. Et, encore une fois, l’Etat les a laissés tomber en ne respectant pas son obligation de protection !

Monsieur Blanquer va sans doute, ces prochains jours, pérorer et affirmer que, partout en France, tout s’est bien passé ! Partout, sauf à Chennevières ???

A cela il convient d’ajouter d’autres éléments. Tout d’abord, il est très probable que l’école n’ait pas été désinfectée. En effet, les marquages au sol des élections de début mars étaient toujours présents (scotch de couleur). Pour la maternelle attenante, les enseignant-es sont certain-es que cela n’a pas été fait.

De plus les enseignant-es ont travaillé toute la journée sur une organisation pour accueillir au mieux le plus d’enfants possible, en fonction du protocole strict. Pour l’élémentaire, 6 groupes pouvaient être accueillis à partir du 25 mai. La maternelle pouvait accueillir plusieurs enfants prioritaires à partir du 18. Vers 15h00, après avoir bien cogité, l’équipe apprend que leur école n’ouvrira certainement pas le 18, mais que les enfants iraient vers l’école ouverte depuis le début. Quant à l’élémentaire, nous apprenons vers 19 heures que seuls 2 ou 3 groupes pourront être accueillis à partir du 25 mai, faute de personnel municipal. Tout le travail de la journée est balayé.

Non, Monsieur Blanquer, tous les enfants de France n’auront pas revu l’école au moins une journée à la fin mai... En tout cas, pas ceux de Chennevières !