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Politique

L’épidémie du coronavirus s’étend, le gouvernement l’instrumentalise pour son 49.3 !

Ce matin, le niveau de risque lié au Coronavirus en Europe est passé à « modéré ou élevé ». En France, la maladie continue de se propager, avec près de 191 cas recensés. Le Covid-19 a fait un troisième mort ce lundi après-midi. L’épidémie semble ainsi s’étendre dans l’hexagone. Pendant ce temps le gouvernement instrumentalise un conseil des ministres dédié au coronavirus pour passer son 49.3.

mardi 3 mars

Crédit photo : FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Un nouveau mort, de nombreux cas et de nouvelles régions touchées : le Covid-19 se propage, bientôt l’épidémie ?

La France serait le deuxième foyer épidémique, après l’Italie, en Europe, avec « 130 cas confirmés, 12 guéris, 2 décédés. 116 sont hospitalisés pour des raisons d’isolement et neuf sont en situation clinique grave », comme le déclarait Jérôme Salomon, directeur général de la santé, hier soir. A l’heure actuelle, le chiffre serait même passé à 191 cas en France selon Le Monde. De fait, le nombre de cas est en hausse et continue d’augmenter, avec dix-neuf nouveaux cas en Bretagne dans le Morbihan, cinq dans le Pays de la Loire et un deuxième en Normandie. Il y aurait ainsi plus de dix cas en Ile de France, en Auvergne ou dans les Hauts de France.

Autre annonce importante, celle de la mort d’une octogénaire dans l’Oise à Crépy-en-Valois, vraisemblablement originaire de la même ville que le professeur de soixante ans mort la semaine dernière à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Dans ce département, 47 cas sont répertoriés. A Crépy en Valois, de nouveaux résidents ont également été révélés contaminés, au nombre de quatre, mais d’autres présentent d’importants symptômes.

Des nouveaux cas qui s’accompagnent de nombreuses mises en quarantaine, avec même celle de Louis Le Franc, préfet de l’Oise, ce lundi après-midi après avoir été en contact avec le maire de Crépy en Valois, lui-même testé positif. Un stade important de crise donc, alors que la France pourrait ainsi bientôt passer au stade 3 de contagion et le Coronavirus être considéré comme une épidémie dans le pays.

En plein conseil des ministres dédié au coronavirus, le gouvernement plus occupé par… le 49.3 !

Alors que le gouvernement avait appelé à un conseil des ministres extraordinaire dédié au coronavirus, il est apparu qu’il s’agissait en réalité d’une entourloupe pour décider du 49.3. Une manière bien particulière de prendre en charge le coronavirus mais encore de tromper la population sur ses intentions. En somme, une illustration s’il en fallait que le gouvernement est bien plus préoccupé par la casse de notre système de retraite que par la santé de la population. Pour « rectifier le tir », c’est Macron lui-même qui tente de se mettre en première ligne. Il affirme avoir été obligé d’« ajuster son agenda au regard de la situation pour se rendre disponible et être mobilisable cette semaine », comme l’expliquait l’Elysée au Parisien.

Il a notamment dû annuler un déplacement dans le Gers avec Stéphane Bern et un en Ile de France sur le thème du « séparatisme », nouveau fer de lance islamophobe du gouvernement. De la sorte, Macron cherche à montrer qu’il prend la crise au sérieux. Mais que peut-on véritablement attendre d’un gouvernement prêt à instrumentaliser un conseil des ministres dédié au Coronavirus pour mener sa politique de casse sociale ? La casse de l’hôpital public ne suffisait donc pas.

Edouard Philippe a lui aussi dû se prononcer alors qu’il se déplaçait à Bordeaux dans un hôpital, expliquant « l’objectif est de ralentir la propagation du virus ». Il a préconisé à la population de prendre toutes les mesures sanitaires et lui et Olivier Véran ont assuré qu’ils avaient débloqué des budgets pour la recherche alors qu’ils devaient répondre à l’interpellation des soignants sur la gestion de la crise. On ne peut qu’en douter lorsque l’on voit l’état des hôpitaux publics et qu’aucun plan d’investissement massif pour ces derniers n’a été fait.

Une gestion de crise qui s’accompagne de premières mesures liberticides

Si le gouvernement cherche à freiner la propagation de l’épidémie en interdisant notamment les rassemblements de plus de 5 000 personnes en espace confiné dans les zones non à risque, il semble, comme le titrait le Monde, que les interdictions sont parfois « à géométrie variable », entre match de foot conservés et écoles fermées dans l’Oise par exemple.

Le cas le plus illustratif, c’est celui notamment des centres commerciaux qui restent ouverts tandis que les marchés sont parfois interdits mais aussi des musées comme celui du Louvre où la grande majorité des salariés ont exercé leur droit de retrait, estimant que les moyens mis à disposition par la direction du musée ne suffisaient pas à garantir leur sécurité au travail, mais aussi celle des visiteurs. Un droit dont la légalité a été questionné. Le Louvre n’aurait donc pas les moyens de fermer même pour une question sanitaire majeure ? Un deux poids deux mesures à dominante « économique » ?

Dans le Morbihan, la préfecture a annoncé « l’interdiction de tout rassemblement collectif » pour « freiner l’épidémie », une mesure s’appliquant ainsi de fait aux manifestations, notamment celle appelée par l’intersyndicale locale contre le 49.3. En réponse, l’intersyndicale a appelé à aller manifester dans les départements limitrophes. Après avoir instrumentalisé un conseil des ministres contre le coronavirus, il ne serait pas étonnant que ces mesures d’interdiction de rassemblements puissent être, elles aussi, instrumentalisées à des fins d’interdiction de la contestation en cours contre la réforme des retraites.

Jean Baptiste Djebbari, ministre des transports est quant à lui resté très flou sur la possibilité de restrictions dans les transports expliquant : « nous nous préparons toujours dans le monde des transports à toute éventualité et donc, dans la version la plus maximaliste de ces plans de continuité, il y a la possibilité de faire des restrictions de transport ».

Alors qu’il se retrouve obligé de mettre en place le 49-3 pour faire passer en force sa réforme des retraites, il ne faudrait pas que le gouvernement se serve du Coronavirus comme bouclier face à la contestation qui s’est exprimée à son encontre. En Chine ou en Italie se sont des mesures liberticides qui sont venues accompagner l’épidémie et nous pouvons semble-t-il nous préparer à ce que la macronie ne soit pas en reste.




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