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Politique

Nos vies pas leur profits

L’épidémie en hausse, des préconisations de suppressions de lits de réanimation au CHU de Toulouse

En pleine seconde vague, la chambre des comptesde Toulouse conseille sous prétexte d'une « dégradation de la situation financière » du CHU, de fermer des lits, qui ne serait occupés qu'à 85%

lundi 5 octobre

En deux semaines le nombre de patients Covid en réanimation au CHU de Toulouse a doublé. C’est dans ce contexte que la chambre des comptes préconise de supprimer des lits en réanimation dans ce même CHU. Une politique budgétaire austéritaire à l’image de la gestion de la crise du gouvernement : chaotique.

Depuis maintenant une semaine, Toulouse est en zone d’alerte renforcée en raison de la crise sanitaire. La ville rose est une des villes les plus touchés par la deuxième vague, le taux d’incidence dépassant les 250 cas pour 100 000 habitants, et les réanimations commençant à être saturés. Le CHU est passé en « hôpital sous tension » pour faire face à la reprise de l’épidémie.

Dans les différents hôpitaux de Toulouse, les opérations sont déprogrammés pour prioriser les patients Covid en réanimation, signe que la situation sanitaire se durcit. A Purpan, ce sont 50% des lits qui sont occupés par des patients Covid, tandis qu’a Rangueil, ce sont un tiers des lits qui sont mobilisés pour la Covid.

C’est dans cette situation de reprise de l’épidémie, que la chambre des comptes de Toulouse préconise de supprimer des lits sous prétexte d’une « dégradation de la situation financière ». Une décision qui a provoqué sidération et colère chez les hospitaliers. La CGT CHU explique ainsi « Dans ce rapport daté du 1er octobre s’il est en effet indiqué que « la structure capacitaire est insuffisamment performante » ce n’est pas pour indiquer qu’il faut plus de lits mais au contraire qu’il en faut moins. Le taux d’occupation de ceux ci est qualifié de « dégradé » car il n’est « que » de 85% et qu’il devrait être de 95%. Comprendre « ça coûte trop cher pour pas assez de recettes ».

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Publiée par Cgt Chu Toulouse sur Vendredi 2 octobre 2020

Cette décision de la chambre de compte vient mettre en lumière une logique de profit au sein de l’hôpital, qui se fait au détriment de la sécurité des soignants, de leur capacité à faire face a la crise, et de la santé de milliers de personnes. Le manque criant de moyens que dénoncent les soignants depuis des années est devenu criminel pendant la crise sanitaire, et alors que la deuxième vague fait des ravages, aucun moyens supplémentaires n’a été donné a l’hôpital. Au contraire, c’est a coup de coupes de budgets et restrictions que l’on traite les soignants, et que l’on veut continuer de les traiter aux vues de ce rapport scandaleux.

Alors que 1/3 des clusters se situent dans les écoles, les universités et les lycées, Toulouse, comme deuxième ville étudiante du pays n’échappe pas à ces clusters. Ce sont 130 000 étudiants qui sont rentrés dans ce mois de septembre, et le manque de moyens dans les universités est venu accélérer la propagation du virus. A l’université du Capitole, Au bout d’une semaine de cours 64 cas étaient recensés, ce qui a forcé la présidence a faire passer les cours en distanciel

https://www.facebook.com/RevPermanenteToulouse/videos/2803085543310092

Publiée par Le Poing Levé - Mirail sur Mercredi 30 septembre 2020

L’université du Mirail, elle, n’a toujours pas fait sa rentrée , les étudiants doivent retrouver les bans de la fac le 19 octobre, mais pour le moment, les mesures sanitaires restent floues. Alors que le gouvernement annonce que les mesures doivent être renforcés dans les universités, et pose une jauge maximale pour les cours en amphithéâtre,, le manque de moyen dans cette université qui devrait accueillir plus de 30 000 étudiants tous les jours est criant.

Le dernier communiqué de la présidence a annoncé qu’un dispositif de "formation hybride" serait mis en place à l’université. Ce type de dispositif « hybride » interroge sur les moyens qui seront alloués à sa mise en place. Car cela fait des années que les moyens de l’enseignement supérieur sont largement insuffisants, au vu de l’augmentation des effectifs. Mais aujourd’hui, le manque d’enseignants et de personnel administratif se transforme en véritable drame pour organiser un enseignement de qualité, qu’il soit en présentiel ou en distanciel. La gestion des emplois du temps, le suivi pédagogique, la préparation des cours, sont autant de tâches qui deviennent ingérables pour les travailleurs de l’université dans le contexte de crise sanitaire. Les amphi bondés et les salles de TD pleines à craquer ne sont pas un problème nouveau, mais ils deviennent aujourd’hui pour certains étudiant-es une question de vie ou de mort, en augmentant conséquemment le risque de contamination.

Pendant le confinement, les cours en distanciel sont venus creuser les inégalités, alors que les étudiants les plus précaires n’ont pas tous accès une connexion internet ni à un ordinateur. Les cours en distanciels discriminent également les étudiants qui travaillent et qui subissent un augmentation de leurs cadences. Pour les personnels de l’université, cela implique une augmentation des charges de travail, et vient mettre en lumière le manque de personnel.
Pour que ni les étudiant.es ni les travailleur.ses de l’université ne paient les frais de la crise sanitaire, voici la pétition destinés aux étudiants pour exiger des moyens à la hauteur du plan sanitaire nécessaire à la situation !

https://www.facebook.com/watch/?v=392750748403670

Publiée par Jeunes Nouveau Parti Anticapitaliste sur Lundi 5 octobre 2020




Mots-clés

Crise sanitaire   /    Crise sociale   /    Politique