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Notre classe

AP-HP, le retour

L’hôpital Beaujon, en route vers le 17 septembre

Correspondantes L’équipe de Révolution Permanente est retournée à ce centre hospitalier des Hauts-de-Seine, bastion de la mobilisation du personnel de l’Assistance Publique – Hôpitaux Parisiens (AP-HP) d’avant l’été. Après le reportage tourné lors de leur dernière assemblée générale fin juin, un point sur la préparation de la reprise du mouvement en vue de la journée de grève et mobilisation du 17 septembre.

jeudi 10 septembre 2015

Dans le hall de l’hôpital, l’absence de piquet de grève et des nombreuses photos de la mobilisation qui couvraient les murs donne une impression assez différente de celle du mois de juin. Retour à la normale ? Malgré le transit incessant du personnel en blouses blanches, de brancards et d’usagers, l’assemblée qui se constitue peu à peu tend à prouver le contraire.

Redémarrage en douceur et présence d’un intrus

C’était seulement le temps que les hospitaliers mobilisés commencent à se rassembler. Peu nombreux au départ, l’inquiétude d’un tassement du mouvement après la pause estivale est dans tous les regards. Mais peu à peu le hall se remplit et ce sont plusieurs dizaines de salariés, dans une ambiance chaleureuse qui témoigne d’un redémarrage bienvenu, qui concourent au rendez-vous donné par les organisations syndicales pour une assemblée générale de rentrée.

Cependant, tous les présents ne semblent pas y avoir été conviés. Des représentants syndicaux repèrent un présumé agent des renseignements généraux et, non sans lui avoir signalé leur rejet de sa présence, décident de se déplacer dans un amphithéâtre concédé par la direction de l’hôpital pour la tenue de l’AG. « S’ils nous envoient un RG, c’est qu’ils sont inquiets. Cela veut dire qu’on dérange, donc c’est bien », dira plus tard un délégué du personnel.

Mobiliser pour le 17 septembre

Une fois installés, les représentants de chacune des organisations syndicales de l’hôpital prennent la parole devant une assistance d’environ 70 personnes. Ils réaffirment leur volonté de poursuivre le mouvement, jusqu’au retrait du plan de réorganisation du travail du président de l’AP-HP Martin Hirsch.

La discussion porte ensuite sur les formes que prendra la mobilisation et sur la nécessité que chaque présent discute avec ses collègues de service de façon à les remotiver pour la suite. La journée du 17 serait ainsi une échéance importante pour marquer le retour en force de la mobilisation, avec un rassemblement devant le siège de l’AP-HP, suivi d’une manifestation jusqu’à Bercy.

Assemblée souveraine et répression

Mais en dernière instance, c’est bien l’assemblée générale qui détient le pouvoir souverain, et les représentants des syndicats le rappellent et incitent les présents à s’exprimer. Les prises de paroles sont nombreuses et souvent enthousiastes. Des idées d’actions émanent de la salle, mais aussi des problèmes liées aux mesures répressives de la direction contre les salariés. Retraits sur salaire pour les journées de grève et même pour passage au piquet de grève. Certains salariés seraient ainsi déclarés grévistes pendant une heure par leurs responsables hiérarchiques à leur insu, ce qui serait parfaitement illégal selon un des délégués syndicaux.

Le cas d’un salarié ayant reçu un blâme à la suite d’échauffourées pendant une action de blocage du « self » est particulièrement évoqué. Le salarié, qui perdrait plusieurs centaines d’euros sous la forme d’une prime qui lui serait retirée à cause de cette affaire n’en revient pas : « C’est l’argent de mes enfants, c’est pour eux que je travaille ici, sinon je serais déjà retourné au pays. Mais cela ne me décourage pas, au contraire, cela me donne encore plus envie de me battre ! »

Plus en général, les salariés se montrent fiers de leur mouvement. « Historique », tranche l’un d’eux, avant d’être repris par un collègue : « A Beaujon nous avons joué un rôle moteur de la mobilisation de l’AP-HP jusque-là et nous entendons continuer à le faire. Et si ce n’est pas le cas ce sera car d’autres hôpitaux seront devenus eux-aussi des moteurs et ce sera donc une bonne nouvelle ».




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