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Monde

Un bilan lourd

L’horreur frappe à Vienne. Macron, Merkel and co instrumentalisent déjà le drame

L'horreur a encore frappé, ce 2 novembre. Des fusillades, en six endroits différents de Vienne en Autriche, pour un lourd bilan d'au moins quatre morts et quatorze blessés.

mardi 3 novembre

Crédits photo : LEONHARD FOEGER / REUTERS

Alors que la France a été le théâtre de plusieurs attentats ces dernières semaines, l’Autriche a été, à son tour, frappée par l’horreur. Ce lundi 2 novembre, à Vienne, et alors que le pays se prépare à un couvre-feu annoncé samedi dernier, des fusillades ont éclaté dans le centre ville de la capitale autrichienne. Le bilan est lourd, avec au moins quatre morts et quatorze blessés, dont sept grièvement, selon les derniers chiffres disponibles. Le principal suspect de la fusillade, un jeune autrichien de 20 ans originaire de Macédoine du Nord, a été abattu.

En premier lieu, nos pensées vont aux victimes, aux blessés et à leur famille, frappées par ces attaques sanglantes et horribles.

Pour l’heure, de nombreuses zones de flou entourent l’affaire, en particulier sur de possibles complices du tireur présumé. Ce que l’on sait, c’est qu’un suspect est aujourd’hui en fuite, et que le tireur a frappé à Morzinplatz, Salzgries, Seitenstettengasse, Graben, Bauernmarkt et Fleischmarkt, des lieux centraux de la capitale autrichienne et très fréquentés ce lundi soir, à la veille de la mise en place des restrictions.

Macron, Merkel, Poutine... De l’expression de la « solidarité » à la récupération crasse

En réaction à cette « attaque contre la démocratie », Karl Nehammer, le ministre de l’intérieur autrichien, a annoncé le déploiement de l’armée pour seconder les forces traditionnelles de répression. Selon Médiapart, « Des perquisitions ont été menées au domicile du terroriste et quinze de ses proches. Plusieurs personnes ont été arrêtées, dont deux dans la ville de Sankt Pölten, à l’ouest de Vienne. Celles-ci, nées en Autriche, au Kosovo, au Bangladesh et en Tchétchénie, sont âgées d’entre 16 et 25 ans ». Le déploiement de l’armée pour seconder les forces de répression illustre une nouvelle fois l’escalade répressive qui, dans le cadre des mesures sanitaires renforcées, s’apparentent à une militarisation de l’espace public. 

Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. « Le combat contre ces assassins et leurs instigateurs est notre combat commun » a ainsi déclaré Angela Merkel tandis que Vladimir Poutine a « fermement condamné ce crime cruel et cynique, confirmant une fois de plus la nature inhumaine du terrorisme, et s’est dit persuadé que les forces de la terreur ne réussiront à intimider personne, ni à semer la discorde entre les personnes de différentes confessions » . Emmanuel Macron, pour sa part, a déclaré qu’« après la France, c’est un pays ami qui est attaqué. C’est notre Europe. Nos ennemis doivent savoir à qui ils ont affaire. Nous ne céderons rien.

Un ensemble de déclarations qui vont dans le même sens, passant de l’expression de la condamnation a un discours guerrier visant à "faire front" contre le terrorisme. Des déclarations qui de la part des « grands de ce monde » sonnent comme un discours hypocrite tant ces grandes puissances impérialistes ne cessent d’alimenter les guerres à travers le monde en Afrique comme au Moyen Orient, et le développement des idéologies réactionnaires qui alimentent les attentats terroristes. Un discours hypocrite, visant au tout répressif et sécuritaire, quand dans le même temps les interventions militaires impérialistes, en Afrique comme au Moyen Orient, sèment le chaos comme en Irak et en Syrie devenus le terreau du terrorisme. Loin de tout « front commun » avec les marchands de guerre, France en tête, la réelle lutte contre le terrorisme et ceux qui en font le terreau ne peut passer que par une lutte anti-impérialiste sur tous les plans, en exigeant en premier lieu le départ des forces françaises des régions où elles interviennent.




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