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Politique

Des miettes pour les classes populaires

L’indemnité inflation finalement adoptée : ce sont les salaires qu’il faut augmenter et indexer sur les prix !

Alors qu’elle avait été rétorquée par le sénat la semaine dernière, « l’indemnité inflation » avancée par le gouvernement dans le cadre du projet de loi des finances rectificative est finalement adoptée par l’Assemblée nationale. Censée compenser la hausse du coût de la vie pour les revenus inférieurs à 2 000 euros, cette indemnité de 100 euros distribuée de manière arbitraire est largement insuffisante.

jeudi 25 novembre

Crédits : Ludovic Martin / AFP

Annoncée fin octobre par Jean Castex, « l’indemnité inflation » a finalement été approuvée par le parlement ce mercredi 24 octobre. Présentée comme une mesure phare du projet de loi des finances rectificatives, cette indemnité de cent euros prise en charge par l’Etat sera versée une seule fois aux « salariés, indépendants, retraités, chômeurs, allocataires des minimas sociaux, étudiants boursiers percevant moins de 2000 euros par mois » à partir du mois de décembre.

Entre l’explosion des prix de l’essence et du gaz, celle entre 2020 et 2021 de 55% du prix du fioul, encore utilisé par 10% des ménages, celle à venir des loyers avec le bondissement de l’indice de référencement des loyers et même des produits de première nécessité, avec par exemple Leclerc annonçant une hausse du prix des courses de l’ordre de 5%, cette allocation de 100 euros qui sera délivrée une seule fois ne résout en rien le problème de cette augmentation généralisée et représente des miettes jetées au visages des classes populaires et moyennes par La République En Marche, qui cherche à débarrasser Macron de son image de président des riches en vue des présidentielles.

Ces miettes étaient déjà de trop pour le Sénat à majorité Les Républicains. Cette institution particulièrement réactionnaire avait en effet rejeté « l’indemnité inflation » telle quelle et adopté des modifications visant à réduire son nombre de bénéficiaires et donc son coût pour l’Etat,, tout en augmentant l’indemnité de 50 euros pour cacher la manœuvre. 
Alors que la précarité explose, avec la majorité des travailleurs n’ayant en moyenne pas plus de 55€ sur leur compte en banque après le 10 du mois, ce ne sont pas 100 ou même 150 € qui vont compenser la hausse des prix généralisée.

Face à cette hausse, la réponse n’est pas à chercher du côté du gouvernement et de ses miettes, mais plutôt du côté des salaires et de la poche du patronat. Alors que celui-ci s’est engraissé durant la crise sanitaire, avec par exemple la multiplication par 23 des profits de Total au troisième trimestre 2021, des millions de personnes voient leurs conditions de vie et leur santé détruites par les effets de cette même inflation et de la stagnation des salaires. La revalorisation générale des salaires et leur indexation sur l’inflation deviennent une nécessité que ces profits faramineux pourront amplement financer.

Toutefois, comme le montrent les travailleurs de la SNCF, en grève le 17 Novembre pour les salaires, les AESH, qui ont débrayé contre la précarité et pour une revalorisation des salaires, la grève à Apei Moselle pour le respect, la dignité et des augmentations de salaires, la grève victorieuse des salariés de Granger frères, qui ont arraché face à la hausse des prix une augmentation de salaires ou encore les mobilisations radicales en Martinique qui portent des revendications contre la vie chère, seule une mobilisation déterminée et massive permettra d’arracher ces mesures nécessaires pour que les travailleurs et les classes populaires cessent de payer le prix de la crise. 




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