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Notre classe

Deuxième round ?

L’intersyndicale de l’AP-HP lance (enfin) un appel à une journée de grève et manifestation

Daniela Cobet La lutte du personnel de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) a été mise dans une croisée de chemin ce mardi par la signature d’un protocole d’accord entre le directeur Martin Hirsch et la direction de la CFDT. La réponse du reste des organisations syndicales ne s’est pas fait attendre.

jeudi 29 octobre 2015

Nous disions hier dans un article publié sur Révolution Permanente, « Si dès la semaine prochaine, des actions fortes ne sont pas proposées à l’ensemble du personnel de façon à relancer véritablement le mouvement et à démontrer dans la rue que l’accord n’est pas représentatif de ce que pensent les agents de l’AP-HP, l’affaire sera vite pliée. La balle est donc en grande partie dans les mains des organisations syndicales refusant l’accord pour appeler et construire des actions en ce sens. » Aujourd’hui, c’est fait : l’intersyndicale (hors CFDT) propose dans un communiqué la date du 17 novembre, préparée par des assemblées générales et des actions locales.

L’intersyndicale lance en plus un ultimatum à Martin Hirsch : « Si le soir du 17 novembre, le protocole du 27 octobre n’est pas retiré, alors la question de la grève totale, illimitée jusqu’à son retrait sera à l’ordre du jour ». Après plus d’un mois d’hésitations qui faisaient penser que l’intersyndicale restait en attente de ce qui sortirait des négociations entre la direction générale de l’AP-HP et la CFDT, voilà une réponse à la hauteur des enjeux ! Il faudra désormais passer aux travaux pratiques et se donner les moyens de ces objectifs. Remobiliser le personnel dans chaque établissement avec des tours de services, des assemblées générales régulières et surtout mettre en place une caisse de grève nationale pour l’éventualité d’une grève reconductible.

Les premières assemblées générales montrent que c’est possible

Ce jeudi à l’hôpital Beaujon, malgré un appel tardif, plus de 70 agents ont participé à l’assemblée générale, soit le plus gros effectif depuis la rentrée de septembre. L’ambiance devenait électrique au fur et à mesure que les salariés se rendaient compte que le protocole signé par la CFDT correspond, à quelques bricoles près, au projet de réorganisation du travail initialement proposé par Martin Hirsch et qui a été à l’origine du mouvement historique du printemps dernier.

« Mais comment ils ont pu avoir signé ça ? Les syndiqués de la CFDT devraient déchirer leurs cartes ! C’est une trahison ce qu’ils ont fait », s’insurgeait un agent. Un autre pointait le fait que Martin Hirsch s’était engagé en juin à ne faire passer son projet que s’il obtenait l’accord d’une majorité des organisations syndicales et que maintenant il le fait avec une seule, qui ne pèse que 15%.

La discussion a vite basculé sur les suites de la mobilisation, l’appel de l’intersyndicale et les moyens pour assurer que ce soit une réussite. « Il faut refaire un 11 juin, être plus de 15 000 dans la rue », disait un salarié, tandis que d’autres plaidaient surtout pour des formes d’action plus radicales et plus visibles : « il y en a marre des manifs plan-plan, il faut faire comme les chauffeurs de taxi ou les bonnets rouges pour se faire entendre ! » « Il faut que ce soit la révolution ! »

La question des retraits sur salaire et des moyens pour y remédier est elle aussi revenue au débat à plus d’une reprise. Une nouvelle assemblée générale est prévue en début de semaine prochaine pour poursuivre la discussion et engager des actions.




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