^

Politique

casse des services publics

LPPR : la coordination Facs et Labos en Lutte appelle à un rassemblement à Paris vendredi

Depuis janvier, la LPPR a suscité une mobilisation dans les universités et laboratoires, rejetée massivement par les enseignants chercheurs BIATOSS, et étudiants. Quelques jours après une journée de grève et de mobilisation nationale de l’ESR, le confinement a brutalement interrompu la mobilisation par la fermeture des universités et laboratoires. Profitant de l’occasion, le gouvernement tente de faire passer cette loi par la force, le 8 juillet en conseil des ministres. Face à cette offensive, la coordination nationale des Facs et Labos en Lutte appelle à un rassemblement vendredi 12 juin à 13h30 Place de la Sorbonne à Paris.

mercredi 10 juin

En janvier, le gouvernement lançait une attaque contre l’enseignement supérieur et la recherche avec la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Alors même que la précarité ne cesse de croître à tous les niveaux de l’ESR (Enseignement supérieur et recherche), comme le démontre plus largement le manque de moyens criants dans nos universités, cette loi poursuit la transformation néolibérale de l’université initié par le processus de Bologne en 1998, visant à mettre les laboratoires et les universités publiques au service des intérêts privés. La LPPR vise à renforcer la concurrence dans la recherche, en approfondissant les logiques de financement par projet et par l’instauration d’un « CDI » de projet dans la recherche. De plus, elle aggrave la précarisation dans laquelle sont déjà placés bon nombre d’enseignants. Si la loi passe, un établissement pourra recruter une personne comme contractuel à deux reprises pendant trois ans avant une éventuelle titularisation.

Rejetée largement par les enseignants, BIATOSS, et étudiants, cette loi a rapidement suscité une forte mobilisation qui s’est organisée dans la Coordination nationale des Facs et Labos en Lutte autour de revendications offensives, comme on peut le lire dans le communiqué de la première coordination : « Contre cette vision néolibérale et autoritaire, contre la marchandisation des savoirs, nous voulons un véritable service public d’enseignement et de recherche, intégré à une éducation publique de qualité, de la maternelle à l’université, financé à la hauteur de ses besoins grâce à un plan d’investissement massif jusqu’à 1% du PIB pour la recherche publique. Contre la prolifération des emplois précaires, nous voulons un plan massif de titularisations et de créations d’emplois statutaires ».

Pourtant, quelques jours après la manifestation très réussie du 5 mars, acmé du mouvement avec manifestations appelées par la Coordination qui ont réuni des dizaines de milliers de personnes en France, la mobilisation a été brutalement interrompue par la crise sanitaire et le confinement. Or aujourd’hui, alors que la rentrée 2020 s’annonce déjà dans des conditions catastrophiques, notamment à cause d’une potentielle rentrée en distanciel, la ministre de l’ESR, Frédérique Vidal, tente de faire passer un vote rapide de la LPPR, profitant du fait que les campus soient fermés. En effet, cette loi va être examinée le 12 juin par le CNESR (Conseil National de l’enseignement supérieur), et le 8 juillet en conseil des ministres.

Si le texte n’est pas celui qui sera examiné par le parlement il est peu probable que son contenu change substantiellement. La transformation des statuts des enseignants chercheurs est maintenue. L’article 3 qui met en place une course vers la titularisation est conforme à ce que les enseignants mobilisés craignaient. Les contrats de titularisation font l’objet d’aucun encadrement légal, de plus ils sont désormais soumis à une attaque sans précédents contre la liberté de la recherche, en effet durant la période contractuelle qui devient obligatoire, ils se verront imposer des « objectifs à atteindre »

Le projet de loi renvoie également à une désastreuse privatisation de l’université. La création d’ un « contrat doctoral " de droit privé, exclue les les laboratoires au profit des entreprises privées. En somme c’est une recherche doctorale complètement privatisée qui est mis en place.

Face à cette offensive, le 6 juin s’est tenue une rencontre virtuelle des Facs et Labos en lutte nommée « La LPPR est de retour, nous aussi ! ». On peut lire dans leur communiqué du 8 juin : « Alors que la crise sanitaire a montré dans les facs et les labos, comme à l’hôpital public les effets délétères des politiques de casse du service public menées par les derniers gouvernements, notre ministre veut nous imposer une loi qui nous promet encore une plus grande précarisation et le développement de la recherche sur projet. […] A peine sommes-nous déconfiné-e-s que le projet de LPPR ré-apparaît ! Sa place est dans les poubelles du gouvernement Marcon, avec la réforme des retraites ! ».

Malgré le mépris du gouvernement face à la mobilisation dans l’ESR avant le confinement, il est plus que jamais indispensable de se mobiliser contre cette loi, c’est pourquoi la Coordination nationale des Facs et Labos en Lutte appelle à une mobilisation nationale le 12 juin, avec notamment un rassemblement à Paris à 13h30 place de la Sorbonne. La coordination appelle également à un cortège des facs et labos en lutte au côté des soignant-e-s le 16 juin.




Mots-clés

LPPR   /    Facs et Labos en lutte   /    Coronavirus   /    Frédérique Vidal   /    Sélection à l’université   /    Université   /    Politique