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Politique

LPR : rassemblement réussi contre les mesures liberticides et la casse de l’ESR

Contre la loi LPR qui combine précarisation de la recherche et criminalisation des luttes étudiantes, plus d'un millier de personnes se sont rassemblées Place de La Sorbonne, le jour de son vote à l'Assemblée nationale.

mardi 17 novembre

La loi avait déjà engendré des remous depuis l’annonce du projet il y a près d’un an. Dans plusieurs universités et pendant des mois durant se sont succédés manifestations, grèves et cours alternatifs pour protester contre la casse de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Mais c’est l’accélération de son adoption au Parlement et l’ajout en douce au sénat d’un amendement répressif concernant la "tranquillité des universités" qui a fini de mettre en colère le milieu universitaire.

C’est donc ce mardi, date de la dernière lecture à l’Assemblée nationale, que se sont rassemblés sur la Place de La Sorbonne plus d’un millier de personnels, étudiants, chercheurs et enseignants. Banderoles délavées de l’année dernière et pancartes étaient donc nombreuses pour exprimer la colère de ceux qui font tourner les universités, avec de moins en moins de moyens.

"C’est une loi qui aggrave les conditions dans l’ESR, alors qu’on crève déjà de précarité, de vacataires, de sous-effectifs" explique une enseignante de sociologie à l’université de Nanterre, venue avec tous ses collègues. Sur leurs masques, "universités en danger" et "stop LPPR" sont inscrits.

De son côté, un maitre de conférence en sciences physiques à l’université de Créteil fustige l’amendement sur la sélection des professeurs d’université et dénonce les attaques à répétition contre l’enseignement supérieur. Comme l’interdiction des troubles à la tranquillité de l’université votée en commission mixte paritaire qui vise à "empêcher toute contestation au niveau local et national", au moment même où le gouvernement tente aussi de faire voter la Loi dite de sécurité globale qui interdit sous peine de poursuites pénales la diffusion de vidéos de violences policières.

Une volonté de faire taire toute contestation donc, y compris dans les lieux d’étude qui sont sans cesse plus soumis aux intérêts patronaux : "avec cette loi on ne pourra plus faire de thèses en art, en littérature ou en langue parce que ça ne rapporte aucun profit, or il s’agit d’encourager uniquement les thèses qui rapportent gros" nous explique Amélie, étudiante à l’INALCO. Et en pleine épidémie de Covid-19, qui a pris de court le gouvernement à défaut de moyens conséquents investis dans la recherche publique de telles lois ne font qu’enfoncer le clou d’une logique austéritaire assumée par le gouvernement.

De fait, ces attaques s’inscrivent dans une même séquence politique où le gouvernement serre les vis en prévision d’explosions sociales dans un moment d’aggravation de la crise économique et sanitaire. Deux ans après le début des gilets jaunes qui ont profondément remis en question les inégalités sociales et les mécanismes anti-démocratiques de la V° République, les rassemblements contre la LPR et la loi de sécurité globale témoignent d’un rejet important de l’offensive sécuritaire qu’entreprend le gouvernement.
Dans une séquence de crise économique inédite où les plans sociaux s’enchainent et la casse des services publics se poursuit jusqu’à faire craquer les hôpitaux en pleine deuxième vague, la journée d’aujourd’hui doit être un appui pour renverser la tendance.




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