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Étudiants réfugiés

L’université Bordeaux Montaigne lance un appel à s’opposer au tri raciste du gouvernement

Entre 100 et 150 inscriptions administratives vont être ouvertes à l'Université Bordeaux Montaigne pour les étudiants réfugiés d'Ukraine, sans discrimination de nationalité. À la CFVU de ce jeudi, Le Poing Levé a proposé une motion votée à l'unanimité pour dénoncer le tri raciste opéré par le gouvernement.

jeudi 12 mai

Suite à la mobilisation du collectif Le Poing Levé, l’Université Bordeaux Montaigne a inscrit 26 étudiants non-ukrainiens pour la fin d’année 2021-2022, leur délivrant ainsi un certificat de scolarité qu’ils peuvent présenter à la Préfecture pour être régularisés. L’Université garantit également leur inscription pour suivre la formation de leur choix en 2022-2023.

De plus, l’Université Bordeaux Montaigne s’engage à ouvrir les inscriptions administratives dans plusieurs autres formations en capacité d’accueillir une centaine d’étudiants pour l’année 2021-2022 et ouvre dès mtn la réception de leurs dossiers pour l’inscription de l’année 2022-2023. Une victoire au moment où la situation des étudiants réfugiés d’Ukraine notamment d’origine extérieure à l’Ukraine apparaît de plus en plus urgente.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, Les étudiants qui fuient le pays mais qui n’ont pas la nationalité subissent un traitement différencié et raciste de la part du gouvernement : une grande partie de ces étudiants non-ukrainiens ne bénéficient pas de "protection temporaire" ou seulement un mois contre 6 pour les étudiants nationaux. Avec le collectif Le Poing Levé, nous appelions déjà à inscrire et régulariser les étudiants étrangers sans distinction, autour de rassemblements mais aussi à partir de nos positions dans les conseils à l’Université Bordeaux Montaigne.

Nous serons attentifs à ce que ces inscriptions soient effectives et garanties pour l’année prochaine sans frais d’inscription. Pour cela, l’Université a demandé une aide de 168 000€ au Ministère de l’Enseignement Supérieur, sans réponse. Au delà du mépris du gouvernement, la précarité des universités est le résultat direct des politiques néolibérales de ces dernières décennies qui n’ont cesser de casser les services, dont l’enseignement supérieur. Pourtant les moyens existent mais sont investis ailleurs, comme dans l’armée ou le privé. Pour le gouvernement ce n’est donc pas une question de moyens mais de volonté politique.

Ainsi, lors de la CFVU de ce jeudi 12 mai, après avoir eu enfin un état des lieux de la situation des demandes d’inscription des étudiants réfugiés et l’obtention des inscriptions administratives pour une majorité d’entre eux, les élus de Le Poing Levé ont porté une motion soumise au vote du conseil. Une motion votée à l’unanimité, qui dénonce le tri raciste du gouvernement, et exige des moyens pour pouvoir accueillir l’ensemble des réfugiés : "Nous interpellons le Ministère de l’Enseignement Supérieur pour qu’il réponde à la demande de moyens qui permettrait à notre université d’accueillir un plus grand nombre d’étudiants fuyant la guerre en Ukraine. Nous refusons d’appliquer la sélection des étudiants déplacés selon leur nationalité, et appelons les autres universités à s’engager collectivement pour assurer leur accueil."

L’occasion d’interpeller les autres Universités à faire de même, en refusant d’appliquer la sélection parmi les étudiants réfugiés, mais aussi pour se joindre à la démarche de les inscrire.

En effet, le Poing Levé a également interpellé le 4 mai l’Université de Bordeaux vis à vis des demandes d’inscriptions, en transmettant une première liste. La présidence a seulement répondu une semaine plus tard qu’elle ne : "possède pas la compétence pour créer un cadre dérogatoire à ces étudiants", précisément ce que fait l’Université Bordeaux Montaigne qui demande aux autres Universités de prendre elles aussi leur part de responsabilité.

L’Université de Bordeaux s’aligne donc pour l’instant sur le tri opéré par le gouvernement. Prônant le manque de compétence et les moyens restreints, il est clair que la responsabilité est du gouvernement ; néanmoins, comme le montre la motion de l’Université Bordeaux Montaigne, il est possible de déroger aux directives du gouvernement et de s’y opposer.

Le collectif Le Poing Levé restera mobilisé aux côtés des étudiants réfugiés pour obtenir des inscriptions et des régularisations distinction de nationalité. A l’heure où les aspects les plus barbares du capitalisme s’accentue avec la guerre en Ukraine et ses conséquences, nous devons être intransigeant sur nos revendications : ouvrons les frontières, et imposons la liberté d’installation et de circulation ! Pour cela, aucune confiance au gouvernement et au régime qui tout en envoyant des armes en Ukraine et ailleurs, réserve un traitement raciste aux personnes fuyant les bombes. Seul une mobilisation unitaire des jeunes, de l’université et des travailleurs en lien avec les migrants - qui pour certains sont sous OQTF et risquent l’expulsion du territoire - peut permettre de conquérir nos revendications.



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