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Politique

Coup de gueule d'un militant CGT

La CGT dénonce l’envahissement CFDT : « une position qui servira gouvernement et patronat, pas les grévistes ! »

Ce vendredi, la coordination RATP-SNCF a réalisé une action de dénonciation au siège de la CFDT. La direction de la CGT a sorti un communiqué pour dénoncer cette action de la part des grévistes qui sont à l'avant-garde depuis de début du mouvement : c'est scandaleux !

samedi 18 janvier

Ce vendredi, la coordination RATP-SNCF a réalisé une action de dénonciation au siège de la CFDT. Une action sans violence, pour dénoncer le fait que la CFDT négocie une réforme qui est sur le point de ratifier un recul historique, mettant à terre un système solidaire – réforme qui aura des conséquences dramatiques pour les futurs retraités, avec des baisses de pensions de 10 à 25%.

La coordination RATP-SNCF est un lieu où c’est la base qui reprend la main au travers des assemblées générales. La coordination est une expression démocratique de la grève. Elle regroupe des militants syndicaux de la CGT, de SUD, de l’UNSA et des non syndiqués. Le but de cette action était de dénoncer les bureaucrates comme Laurent Berger, et ne visait en aucun cas les militants à la base. Ces derniers subissent bien souvent le positionnement de quelques chefs qui ne les consultent pas.

La direction de la CGT a sorti un communiqué pour dénoncer cette action de la part des grévistes qui sont à l’avant-garde depuis de début du mouvement : c’est scandaleux !

Sur son site, la direction confédérale de la CGT publie le communique suivant : « Aujourd’hui le siège de la CFDT a été envahi par des personnes se réclamant d’un collectif de grévistes de cheminots et d’agent de la RATP. Quels que soient les désaccords possibles entre organisations syndicales, la CGT ne cautionne pas ce type d’action. Chaque organisation syndicale est libre de son mode de fonctionnement, de son orientation et de ses revendications. La CGT réaffirme que son combat est celui contre la réforme des retraites par points et le gouvernement qui l’a décidée, rédigée et qui s’entête à vouloir la faire passer malgré les mobilisations et l’opposition majoritaire dans ce pays. »

En tant que militant CGT, on peut être surpris par ce communiqué. Notamment après que le secrétaire à l’économie, plusieurs députés de LREM, ainsi que le président Macron lui-même soient montés au créneau pour venir en aide à Laurent Berger.

Le communiqué de la CGT, comme ceux d’autres organisations comme FO, condamnent en dernière instance les grévistes à la base, en grève depuis plus de 40 jours. De fait, cela va dans le sens du gouvernement et du patronat, sous prétexte de « démocratie républicaine ». Or, nous pouvons mesurer comment la république et sa police considèrent les grévistes – ils matraquent les dépôts de bus, font couler le sang durant les manifestations, etc. Ce communiqué est un scandale et ce d’autant dans une période où il faudrait au contraire accentuer les prises de positons en faveur de toute les actions, puisque l’urgence serait d’étendre la grève.

De plus, on peut se demander pourquoi une telle rapidité pour faire ce communiqué, alors même que les dénonciations des violences policières envers les grévistes ont été plus que limitées de la part du bureau confédéral de la CGT – il aura fallu plusieurs semaines avant que le bureau confédéral de la CGT ne commence à s’y intéresser.

Les vraies violences, ce sont les réformes patronales et la terreur dans les entreprises

Les syndicats dit d’ « accompagnement » – pour ne pas dire syndicats de collaboration avec le patronat – parmi lesquels se situe la CFDT, signent des accords anti-ouvriers, comme chez PSA et chez Renault. Laurent Berger parle de « violence », alors que lui n’a pas dénoncé une seule fois la violence faite aux grévistes depuis de début du mouvement et n’a appelé à aucun moment à la grève. Ce sont les militant de la CFDT eux-mêmes qui l’ont discrédité, en restant en la grève à la SNCF pendant les vacances de Noël, alors que la CFDT appelait à faire une trêve.

Les violences, c’est la vie quotidienne dans les bagnes salariés. Dans les « taules », comme disent les ouvriers pour parler de leurs usines, ce sont des salariés broyés par l’exploitation, licenciés quand ils sont malades, détruits physiquement et moralement par les cadences infernales et les bas salaires. La violence, c’est la vie tout court pour les salariés aujourd’hui, avec les horaires décalées, les week-ends au boulot, les réveils à 3h30 du matin, le fait de cavaler sur une chaîne de montage pendant 7 heures, d’être intérimaire jusqu’au jour où on en peut plus et qu’on se fait virer comme des malpropres...

Oui, la vraie violence, c’est celle de cette société capitaliste ! Et les Laurent Berger et autres bureaucrates, qui décident sans consultation de la base, sont les défenseurs de ce régime puisqu’ils sont rémunérés par les patrons et le gouvernement. Les grévistes de la SNCF et la RATP sont les héros de la classe ouvrière, qui veut batailler pour la victoire et refuse de négocier avec ceux qui veulent s’en prendre à nos vies et à celles de nos enfants !




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