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Notre classe

Les directions syndicales lâchent les Gilets Jaunes

La CGT et FO routiers lèvent leur grève... et s’en tiennent au maintien de leurs rémunérations

La semaine dernière, la mobilisation des gilets jaunes a franchi un cap sans pour autant passer à une autre dimension. En effet, l’entrée du mouvement ouvrier dans la bataille se fait encore attendre. Or sans ce blocage de l’économie, qui est la seule issue réelle pour un changement radical de situation, il ne sera pas possible de faire sauter Macron et son monde.

mercredi 12 décembre 2018

Crédit photo : Philippe Huguen / AFP

Espoir tué dans l’œuf et recul stratégique : tout pour ne pas mettre le gouvernement en difficulté

Les fédérations des transports FO et CGT appelaient à une grève illimitée à partir de dimanche soir, mais à peine les préavis déposés, le gouvernement a accédé à leurs revendications : le maintien de la rémunération des heures supplémentaires que le patronat menaçait d’abaisser en appliquant une des dispositions ouvertes par la loi El Khomri. Mais ce recul n’est que temporaire. Si aujourd’hui le rapport de force est en faveur des salariés du transport, le gouvernement ne manquera pas de les faire trinquer dès que le rapport de force se renversera.

Il y aussi et surtout un véritable sentiment de lâchage et d’hypocrisie envers la fédération de FO qui affirme être solidaire des gilets jaunes, alors qu’aujourd’hui la grève ne doit pas seulement être pour les salaires mais pour faire tomber le gouvernement. Or, les directions syndicales de FO et la CGT ont joué le jeu de Macron et, se basant sur une simple lettre, ont levé l’appel à la grève qui était attendue par les gilets jaunes, et perçue comme un signe de soutien. Les fédérations routiers de FO et de la CGT ont donc préféré s’en tenir à maintenir l’existant pour les routiers plutôt qu’aller construire un mouvement général, en lien avec les gilets jaunes, pour accroître les salaires de tous. Le jeu de la division qui est perdant pour tous, routiers comme gilets jaunes.

Pour un mouvement qui mène à la grève générale

Aujourd’hui, le mouvement syndical combatif et ses équipes syndicales ont un rôle historique à jouer. Tout d’abord, face à toutes les trahisons de ses directions, il faut commencer par dénoncer le communiqué commun des directions syndicales, qui, en ne posant en rien les conditions d’une lutte d’ensemble, n’était rien d’autre qu’un coup de couteau dans le dos des classes populaires qui sont sur les ronds points et dans les usines. Et commencer à poser les conditions d’une lutte d’ensemble : pour cela, les directions des organisations syndicales se doivent de faire un appel clair à la grève générale, à commencer par ce vendredi 14 décembre, pour faire tomber la dictature capitaliste et ses valets.




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