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Politique

Et maintenant ?

La CGT quitte (enfin) la conférence de financement mais toujours pas de plan de bataille à l’horizon

Invitée ce matin sur Radio Classique, Catherine Perret de la CGT a annoncé que la CGT quittait la Conférence de financement. Une décision qu’on ne peut que saluer, mais qui semble bien tardive alors même que le cadre de la conférence était explicite depuis le début, et que la CGT a participé, de fait, à le cautionner.

mercredi 19 février

Crédit photo : AFP/Martin Bureau

« La CGT a décidé de quitter la conférence de financement. » Ce matin sur Radio Classique, Catherine Perret, numéro 2 de la CGT, a annoncé que la Confédération claquait la porte du cadre, lancé le 7 janvier dernier par Edouard Philippe, quelques jours avant l’annonce du retrait provisoire de l’âge-pivot, et censé constituer un geste d’ouverture du gouvernement, permettant aux « partenaires sociaux » de discuter des modalités de remise à l’équilibre du système actuel avant le passage au système par points.

Un cadre très contraint depuis le départ, puisqu’Edouard Philippe et le MEDEF avaient annoncé de concert que la hausse des cotisations sociales constituait une ligne rouge. En ce sens, Catherine Perret notait ce matin :« La conférence de financement est morte mais ce n’est pas une surprise pour la CGT puisque, dès le départ, au moment où le gouvernement avait fixé comme objectif de ne pas augmenter les cotisations sociales, évidemment il ne restait qu’un paramètre… c’est l’âge-pivot. »

Or, s’il est effectivement juste que la CGT exprime son refus de participer à une telle mascarade en claquant la porte, la question se pose de savoir pourquoi la CGT a commencé par accepter de s’y rendre – en participant à deux réunions - alors que « dès le départ » les jeux étaient faits. Une attitude peu cohérente, surtout si l’on se rappelle comment Martinez annonçait le 11 janvier être « prêt à aller à cette conférence pour montrer qu’on peut améliorer le système actuel », cautionnant de fait le vernis de « dialogue » que le gouvernement souhaitait donner à son cadre, avec l’appui de la CFDT.

Après avoir annoncé le départ de la CGT, Catherine Perret a également expliqué vouloir organiser « avec l’Intersyndicale, qui demande le retrait du projet de loi, sa vraie conférence de financement » et étendre la mobilisation, mais sans aborder concrètement le plan de bataille envisagé par l’Intersyndicale en ce sens. « La mobilisation varie, c’est normal après des mois de grève, mais ce qui est intéressant c’est que les gens se mobilisent, au-delà de la retraite, sur les conditions de travail, donc ça va sans doute permettre de construire des mouvements plus larges dans la semaine à venir. » a-t-elle finalement constaté, alors que ces dernières semaines se sont organisées autour de journées "saute-mouton" qui ne permettent en rien d’élargir le mouvement en vue de la construction d’une grève reconductible majoritaire.




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