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Guerre commerciale

La Chine réplique face aux Etats-Unis en augmentant les taxes sur les importations américaines

Après 5 mois de négociations, les perspectives d’un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine semblent s’effondrer. L’annonce récente par la Chine d’une nouvelle imposition de taxes sur les importations américaines s’est ainsi ressentie dans les principales places boursières du monde.

mardi 14 mai

Donald Trump est arrivé au pouvoir sous les mots d’ordre « Make America Great Again » et « America First », dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale et devant l’importance du déficit extérieur des Etats-Unis, Trump avait promis de freiner les importations des pays comme Mexique ou la Chine, qui étaient, selon lui, les coupables du chômage et de la désindustrialisation dans les USA.

Depuis lors, les Etats-Unis, sous la direction de l’administration Trump, entamaient un tournant de plus en plus agressif dans son modelé commercial qui, en plus d’impliquer la sortie du traité du nucléaire iranien ou l’imposition de taxes de 10% et de 25% sur l’acier et l’aluminium, avait aussi impliqué l’imposition de taxes d’entre 10% et 50% sur des nombreux produits chinois.

Dans ce contexte de tensions commerciales ouvert par les Etats-Unis, Pékin et Washington avaient entamé, depuis 5 mois, des négociations afin d’arriver à un accord commercial qui semble avoir cependant échoué. Ce vendredi 10 mai Donald Trump annonçait une nouvelle augmentation des taxes sur les importations chinoises touchant 5000 produits qui vont passer de 10 à 25% de taxation, une augmentation estimée à 200 milliards de dollars.

Devant cette nouvelle offensive commerciale des Etats-Unis, le ministère chinois des Finances a annoncé ce lundi 13 mai son intention de fixer des tarifs d’importation allant de 5 à 25% pour les 5 140 produits américains sur une liste dont la valeur totale est estimée à 60 milliards de dollars. Les tarifs devraient entrer en vigueur le 1er juin. Le retour dans l’escalade dans la guerre commerciale et la fin apparente de l’accord commercial entre les deux premières puissances mondiales s’est rapidement reflétée sur les principaux marchés financiers du monde où, comme à Wall Street, les indices ont chuté de plus de 2%.

Devant la réplique de la Chine, Trump a déjà annoncé dans un tweet que Washington est prêt à tenir le cap afin que la Chine se range derrière un accord commercial. « Je dis ouvertement au président Xi et à tous mes nombreux amis en Chine que la Chine sera sérieusement blessée si elle ne passe pas un accord, parce que les entreprises seront obligées de quitter la Chine pour aller dans d’autres pays » a-t-il ainsi affirmé.

Ce que cherche Washington avec ces coups de pression via la taxation des produits chinois, c’est à pousser les négociations avec la Chine afin qu’elle accepte de modifier ses politiques en matière de propriété intellectuelle, de réduire les subventions massives accordées à ses entreprises publiques, d’acheter davantage de produits américains et enfin qu’elle accepte de cesser d’obliger les entreprises étrangères à partager leurs secrets technologiques.

La récente dispute avec le géant chinois Huawei, où les Etats-Unis ont interdit aux agences gouvernementales d’utiliser le matériel de l’entreprise en lançant en même temps une campagne internationale pour interdire à la société chinoise d’installer des réseaux 5G, s’inscrit dans la même logique de pression.

Alignés sur la position de l’administration Trump, la Chambre de Commerce Américaine, a affirmé que « les entreprises américaines sont opposées aux droits de douane, mais elles soutiennent l’idée à court-terme, si cela nous aide à parvenir à un accord fort, applicable et qui, à long-terme, résoud les problèmes structurels. »

Cependant, la campagne américaine aux présidentielles du 2020 qui devrait commencer d’ici un mois pourrait limiter le marge de manœuvre de l’administration Trump. Une étude réalisée par le Peterson Institute à propos de l’intensification d’une guerre commerciale à grande échelle contre la Chine montre qu’il en résulterait une chute brutale des salaires et des emplois sur la Côte Ouest et dans la « Rust Belt », c’est-à-dire précisément là où la démagogie nationaliste de Trump a trouvé un plus grand écho lors des dernières élections présidentielles.

Crédit photo : AFP / JOHANNES EISELE.




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