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La Poste. À Cenon, 100% de grévistes pour défendre les emplois !

La direction de La Poste profite de la crise sanitaire pour continuer vers sa privatisation et restructurer ses bureaux sur la Rive droite de Bordeaux, dans le secteur de Cenon. Un préavis de grève a été déposé ce vendredi par CGT, SUD et FO, pour imposer de meilleures conditions sanitaires, défendre le service public et les emplois menacés !

samedi 3 octobre

Ce vendredi matin à 9h, les postiers de Cenon, Tresses, Artigues et Fargues Saint-Hilaire, se retrouvaient sur le piquet de grève devant le bureau du Haut-Cenon. Le taux de grève de ces 4 bureaux était de 100% pour les services en contact direct avec les usagers, qui étaient aussi présents pour soutenir !

Car après avoir été en première ligne du covid-19 durant le confinement et toujours en première ligne de l’expansion de l’épidémie aujourd’hui, la colère des postiers est profonde. Ils n’ont pratiquement aucune protection sanitaire alors que les entreprises concentrent 29% des clusters, conditions qui mettent également en danger les usagers. Rien pour les travailleurs, aucune sécurité et des manques de moyens, pas de prime ni d’augmentation de salaire pendant que le PDG Philippe Wahl s’engraisse quant à lui de 450 000€ par an et qu’il reverse 500 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires.

C’est le résultat des politiques de privatisation de La Poste qui n’appartient plus qu’à hauteur de 34% à l’Etat, le reste du capital étant détenu par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui continue de développer les services bancaires de l’entreprise. La direction de La Poste veut s’ouvrir sur les marchés les plus juteux, ce qui nécessite de détruire son statut public et de pousser à la concurrence pour favoriser sa productivité par une pression sur les travailleurs. Les restructurations à Cenon menacent par conséquent 2 emplois de guichetier alors que dans le contexte de crise sanitaire les services de La Poste sont particulièrement sollicités, que les personnels sont en sous-effectifs et qu’il manque cruellement de moyens.

La crise sanitaire est une aubaine pour la direction de La Poste qui en profite donc pour imposer une marche forcée vers la privatisation, par la réorganisation de ses services qui implique des fermetures de bureaux et des suppressions d’emplois que même Bruno Le Maire qualifie de « licenciements d’aubaine ». Détruire le service public c’est aussi détruire des qualifications et des savoirs-faire, c’est ainsi que le métier de facteur par exemple est anéanti et que cela justifie de contrats de plus en plus précaires.

La gestion patronale de La Poste, uniquement guidée par le profit, dégrade la qualité des services, augmente les prix postaux et bancaires, précarise les travailleurs, met en danger le personnel et les usagers. Au contraire, malgré le manque de personnels et de moyens, les postiers ont assuré une continuité du service public même en période de crise sanitaire, et ce tout en défendant leurs conditions de travail par l’exercice de leur droit de retrait.

À cette organisation des travailleurs, la direction de La Poste a répondu par la répression, que SUD PTT dénonçait dans un communiqué en juin : « Des centaines de postiers (bientôt des milliers ?) se sont vu retirer la moitié ou plus de leurs paies le 20 juin au prétexte des droits de retrait remontant à deux mois dans un procédé irrégulier en matière de retenue salariale. Alors que l’extrême majorité des inspections du travail qui sont intervenues dans le champs postal ont souligné les carences sanitaires, que plusieurs centaines de postier.es ont été contaminés, la direction se fait le chantre des pires méthodes patronales en privant de revenus celles et ceux qui ont défendu leur santé en pleine pandémie  ».

Cette répression est bien la preuve que la direction de La Poste n’a d’autre réponse à donner que la destruction du service public dont les postiers défendent le maintien et les emplois par la mobilisation, par la grève.




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