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La Poste. Licenciées pour avoir publié une vidéo sur Facebook

Pas de place pour la détente, on vous surveille à la Poste de Rians dans le Var. C’est en tout cas le message qu’a voulu faire passer la direction, après que deux salariées au passé irréprochable aient publié une vidéo où elles dansent devant un véhicule, dans l’enceinte de l’entreprise. G. Gorritxo

mardi 29 décembre 2015

Pour La Poste, sans aucune discussion, pas même l’évocation d’une potentielle mise à pied, c’est directement la procédure de licenciement qui est lancée contre ces deux salariées, qui devront passer devant un conseil de discipline le 8 janvier. Malgré leurs quinze ans dans la boite durant lesquels elles n’ont rencontré aucun problème… Quant au troisième salarié apparaissant sur la vidéo, La Poste a mis fin à son CDD seulement quelques heures après la diffusion de la vidéo.

Une décision qui a choqué la plupart des collègues de ce bureau rural d’une vingtaine de personnes, qui ont décidé de se mettre en grève le 26 décembre. Un deuxième préavis a été déposé pour le 2 janvier, et la CGT envisage de poursuivre le mouvement.

La direction explique sa décision en déclarant que cette vidéo nuirait à son image. Une explication qui fait rire jaune les facteurs de France. Quand on connaît les conditions de travail qui se dégradent toujours plus à la Poste, quand on pense aux 80.000 emplois qu’elle a supprimés ces cinq dernières années, on se dit que la Poste peut s’estimer heureuse que des salariés aient encore envie de danser.

Si ces méthodes de flicage et de répression, aussi grossières que violentes, sont particulièrement révoltantes, elles traduisent également une tendance de fond à La Poste. Dans sa quête à la rentabilité et afin que rien ne se dresse sur le chemin de la privatisation de l’entreprise, tout les prétextes sont bon pour à la fois réduire les effectifs et instaurer un climat de terreur chez les employés. En effet, si la direction n’hésite pas à renvoyer sans vergogne des salariées dont le seul crime est d’avoir dansé, il va de soi qu’un salarié souhaitant défendre ses droits par la grève sera dans le collimateur de la hiérarchie. Cela étant, cette méthode d’intimidation, qui n’est pas nouvelle, se retrouve totalement inefficace lorsque des mouvements d’ampleur voient le jour dans les services et bureaux de la Poste. De plus, ce genre de répression masque bien mal la politique de casse des services publics en cours à la Poste.




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