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Milice patronale

Vidéo. La Poste envoie la police réprimer des agents en droit de retrait

Des postiers du centre de tri postal de Croissy sur Seine (78), en première ligne face au coronavirus, ont décidé d’exercer leur droit de retrait. La direction du centre a envoyé la police les menacer, montrant une fois de plus que pour les patrons nos vies valent moins que leurs profits.

vendredi 20 mars

Depuis le début du confinement, les facteurs continuent d’exercer leur travail. Pourtant, être facteur à l’ère du coronavirus est un métier à risque ; en effet, les facteurs voient du monde, touchent le courrier, les digicodes et peuvent donc transmettre le coronavirus à toutes les personnes qu’ils livrent.

En première ligne face au virus, la seule protection auxquels les employés ont droit est un mini flacon de gel hydroalcoolique. Certains n’ont même aucune protection.

Comme le revendique Olivier Besancenot dans ses vidéos sur Twitter, il faudrait « suspendre l’activité courrier et colis » pour désengorger les bureaux de poste et maintenir l’activité au strict minimum : le retrait d’espèces pour celles et ceux qui n’ont pas d’autres moyens. Cela implique aussi, de suspendre le paiement « des loyers et des factures » pour tout le monde, pas que pour les entreprises !

Face à cette situation à risque, certains bureaux ont exercé leur droit de retrait, comme au centre de tri postal de Croissy sur Seine, dans le 78 (Yvelines). Mais dans ce centre, la direction de La Poste, bien cachée à la maison, en télétravail, a décidé d’envoyer la police pour réprimer les agents en droit de retrait. Alors que le droit de retrait est un droit inscrit dans le code du Travail et qu’il n’a jamais été aussi justifiable qu’à l’heure actuelle, les salariés qui l’exercent se voient menacés par la police. Prenant à partie un représentant syndical, la police lui demande une attestation pour justifier sa présence sur le site. Or, la direction de la Poste a refusé de lui fournir. Etonnant ! Les patrons prendraient donc appui sur la situation pour attaquer le droit syndical et réprimer les ouvriers combatifs ? Le syndicaliste explique la situation, le policier, droit dans ses bottes, et ayant clair en tête sa mission - maintenir l’ordre des patrons - vaille que vaille peu importe la situation, le menace de sanctions puisqu’il ne peut pas présenter l’attestation.

Ce n’est pas la première fois que la police vient réprimer des droits de retrait, pour différentes raisons, parfois pour cause d’attroupement comme à Belfort, ici le prétexte est celui de l’attestation, qui sert à sanctionner tant de « mauvais citoyens » (des « imbéciles » pour citer Castaner ») qui ne respecteraient pas les règles de confinement. Mais que faire de tous ceux que le gouvernement et le patronat forcent à aller travailler ? Le dur labeur immunise-t-il contre le virus ?

Dans un contexte où toute la population française est confinée et se voit dans l’obligation de justifier le moindre de ses déplacements, il est inacceptable que des entreprises non essentielles comme La Poste ou la SNCF continuent de fonctionner, mettant en danger des milliers de salariés. Ainsi, les agents des entreprises de transports tout comme les postiers se retrouvent au quotidien en première ligne face au virus et sont mis en danger, eux, leurs proches et les gens qu’ils croisent dans le cadre de leur travail. Face à ça, les salariés qui exercent leur droit de retrait ou exigent la fermeture de leur entreprise se voient menacés par la police et par le gouvernement qui mène une véritable campagne contre les ouvriers qui affirment que leur santé et leurs vies passent avant les profits, un gouvernement qui remet en cause leurs revendications légitimes, et essaye de tout mettre en œuvre pour que l’on continue à produire des avions, des voitures, à construire des maisons en pleine pandémie pour le profit de quelques actionnaires et patrons bien confinés chez eux.




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