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Politique

Contre les casseurs de grève

La RATP conclut des partenariats avec des entreprises privées pour casser la grève

Ce vendredi, les travailleurs de la RATP sont en grève pour défendre leur régime de retraite, à nouveau pris pour cible. La RATP fait tout - y compris des partenariats avec des boîtes privées - pour casser cette grève particulièrement suivie.

jeudi 12 septembre

Subventionner les « solutions alternatives de mobilité », la trouvaille de la RATP pour casser la grève

Tout mettre en œuvre pour minimiser les effets de la grève, c’est le mot d’ordre de la RATP à la veille d’une grève qui s’annonce historique ; seules les deux lignes entièrement automatisées circuleront normalement, le reste du réseau sera pratiquement paralysé.

« Consciente de la grande perturbation générée par ce mouvement, la RATP met en place, uniquement pour cette journée, un dispositif partenarial afin de proposer des solutions alternatives de mobilité » ; ce message, diffusé par le service client de la RATP, est suivi d’une liste de codes promotionnels permettant d’avoir des réductions sur divers services privés de VTC et de vélos en libre-service.

La RATP, entreprise publique, a donc pris l’initiative de subventionner ses propres concurrents privés, pour casser la grève de ses agents… La start-up nation sait se renouveler. Parmi ces plateformes, alternatives plus polluantes et plus chères aux transports publics, on trouve notamment JUMP, le système de vélo électrique d’Uber, dont on ne dénonce plus l’ « optimisation fiscale », comme dit le président, la précarité des travailleurs « auto-entrepreneurs », ou encore la stratégie d’évitement du code du travail…

Cette stratégie qui peut sembler illogique au premier regard est pourtant très réfléchie : tout est envisageable pour la bourgeoisie quand il s’agit de mater les mouvements ouvriers. Ainsi, booster ses propres concurrents est préférable à un succès apparent d’un mouvement social.

Les agents de la RATP, en grève contre la réforme des retraites

Si les articles de presse fustigeant à l’unisson ce qu’ils appellent d’avance une « journée noire » sont légion, le fond des revendications des agents de la RATP est rarement évoqué, si ce n’est pour le dénigrer.

Il est vrai qu’une mobilisation de cette ampleur à la RATP est inédite depuis 2007 ; cette année-là, ils défendaient déjà les régimes spéciaux de retraite.

Et le gouvernement revient aujourd’hui à la charge ; dans un contexte de renforcement des attaques néolibérales, les régimes spéciaux sont pris pour cible. Chez les agents de la RATP, cela s’incarne par la fin du calcul des pensions de retraite sur les 6 derniers mois ou encore par la suppression progressive des « tableaux spécifiques sur les mesures d’âge de départ des agents sous statut » : en clair, une liquidation de nombreux droits, acquis de haute lutte en contrepartie d’une vie professionnelle hachée, des horaires pénibles et des salaires bas, non sans effets sur la santé et l’espérance de vie des travailleurs.

Face à ce véritable front de propagande anti-grève, soutenons les grévistes et nos services publics !

Ce plan de communication de la RATP fait partie d’un plan plus large visant à saper la grève avant même son commencement.

Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, a annoncé qu’elle ne paierait pas la RATP si le service minimum n’était pas assuré demain, augmentant ainsi un peu plus la pression sur les grévistes. Elle déplore déjà « une prise d’otages » des franciliens, et en appelle à la « responsabilité des agents ». Rappelons que Valérie Pécresse défendait un peu moins les franciliens quand elle a augmenté le prix du pass Navigo en 2017…

Invité sur RMC, Marc Fesneau, ministre chargé des Relations avec le Parlement, s’est aussi fait porte-parole de la ligne du gouvernement Macron en dénonçant la grève : « On est un drôle de pays où on commence à se mettre en grève avant même d’avoir posé les termes du débat ». L’idée est claire : les grévistes n’ont pas de raison de faire grève, ils sont déraisonnables, ils ne veulent pas négocier…

Eh bien tant mieux ! On ne négocie pas une réforme qui liquide des acquis sociaux, on la combat ! Il faut inverser la rhétorique : au gouvernement, qui prétend qu’il faut faire « fusionner » les régimes de retraites, répondons qu’il faut les homogénéiser par le haut !

Si la grève de vendredi se donne des perspectives pour enclencher un processus de grève dure et reconductible, les agents de la RATP pourraient être à l’avant-garde de la bataille contre la réforme des retraites, qui va toucher tous les travailleurs et les travailleuses.

Face à ce front de propagande anti-grévistes, revendiquons notre soutien aux travailleurs et aux travailleuses de la RATP et mettons tout en œuvre pour faire de cette date de mobilisation une journée de convergence, impulsant un mouvement d’ensemble pour le retrait de la réforme des retraites.




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