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Répression antisyndicale

La RATP menace de révoquer Alex, ex-gréviste et élu CGT : soutenons-le le 22 juillet !

Nouvel épisode dans le feuilleton répressif engagé par la RATP après la grève inédite de l'hiver dernier : le conseil de discipline d'Alexandre El Gamal, reporté dans une tentative désespérée de trouver de nouvelles accusations contre ce syndicaliste CGT du dépôt de bus de Vitry, aura lieu le 22 juillet.

jeudi 9 juillet

Crédit Photo : Révolution Permanente

Il n’y a pas à dire : manœuvrer pour mieux presser comme des citrons ses salariés, la RATP sait faire. Elle l’a montré avec l’affaire des fichiers illégaux, qui ne cesse de connaître de nouveaux rebondissements et pour laquelle plusieurs syndicats annoncent porter plainte, au vu du préjudice subi par les salariés bloqués dans leurs avancements de carrière sur des motifs aussi implicites que scandaleux. Quand on ajoute à cela sa gestion catastrophique de la crise sanitaire ayant conduit à sa mise en demeure par l’inspection du travail, on comprend que la direction de la RATP soit particulièrement sur la défensive. Alors quand il s’agit de continuer les mauvais coups contre les salariés comme les usagers, au premier rang desquels la gravissime ouverture à la concurrence qui s’annonce, quoi de mieux que de tenter de bâillonner tous ceux qui dérangent dans l’entreprise ? C’est cette tâche que la RATP semble s’être fixée au lendemain des deux mois de grève, en engageant des procédures disciplinaires inédites contre 5 syndicalistes : François, Patrick, Yassine et Alex du dépôt de Vitry, et Ahmed du dépôt de Flandre. Dans chaque dossier, on retrouve des accusations rocambolesques liées à des faits de grève et basées sur des rapports d’huissiers à charge, pour lesquels la RATP n’a pas hésité à dépenser des milliers d’euros. Ces accusations « farfelues » n’auront pas empêché la RATP de prononcer des sanctions lourdes contre les 4 premiers camarades à être passés en conseil de discipline, allant de deux mois de mise à pied sans salaire à la mutation disciplinaire.

Concernant Alexandre El Gamal, les manœuvres de la RATP portent à penser qu’elle pourrait envisager une sanction encore plus lourde, à savoir la révocation. En effet, après avoir suspendu son conseil de discipline à l’origine prévu le 10 juin avec celui d’Ahmed Berrahal, la direction de Vitry a reconvoqué Alex en entretien disciplinaire local, pour ajouter des accusations à son encontre. Comme l’indiquent dans un communiqué commun la CGT RATP, la CGT Île-de-France, la CGT 94 et la CGT RATP Bus, « le directeur du dépôt de Vitry, après avoir sciemment provoqué Alex dans le but de le pousser à la faute, parce que notre camarade tenait une permanence syndicale, a décidé de le re-convoquer à un entretien préalable à sanction, parce que notre camarade aurait eu une ’attitude agressive’ et aurait tenu des ’propos déplacés’, termes complètement dénués de tout fondement factuels, alors qu’Alex n’a fait que valoir le droit à tenir une permanence, base des libertés syndicales ».

Scandalisés par cet acharnement, les soutiens ont été nombreux le 29 juin dernier au dépôt de Vitry pour accompagner Alex face à sa direction revancharde. Il a alors réaffirmé sa détermination : « La CGT a toujours été là et quoi qu’il arrive on ne baissera jamais les bras, et que la direction le sache : on n’abandonnera jamais, ils pourront nous convoquer à chaque fois pour des faits où on est dans nos droits, on ne lâchera pas ! » Cet entêtement de la RATP contre la CGT, personne n’en est dupe, comme le soulignait lui-même Anasse Kazib, cheminot délégué SUD Rail venu en soutien : « il y a une attaque en règle contre les camarades de la CGT et il va falloir se lever contre ça ! Parce que ce n’est pas admissible que les camarades prennent deux mois de mise à pied sans salaire. Qu’est-ce qu’ils veulent sinon affamer des salariés, et faire des exemples, pour que lorsque des Ahmed ou des Alex marchent dans des dépôts ce soit écrit sur leur front ’fermez tous vos gueules parce que vous serez les prochains’. Donc on est là pour la question de pouvoir militer et défendre des salariés ».

Autant de raisons pour être à nouveau nombreux le 22 juillet prochain en soutien à Alex, cette fois devant le conseil de discipline place Lachambeaudie (Paris 12e), à partir de 12h30. Comme le soulignait Ahmed devant le dépôt de Vitry, la solidarité des travailleurs reste la meilleure arme pour faire face à la répression patronale : « Les directeurs avec leurs fichiers illégaux, c’est eux les voyous ! Pour chaque personne qui passera en disciplinaire il faut montrer à la direction qu’il y aura du monde en soutien ! » poursuivant : « ils nous mettent deux mois de mise à pied pour qu’on crève de faim, mais heureusement il y a des caisses de solidarité et les gens nous aident à tenir debout donc on ne crèvera pas de faim et on ne fermera jamais nos gueules ! »




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