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La SNCF TER Grand-Est garde 130 000 masques au lieu de les donner aux hospitaliers

« Nous avons suffisamment de masques pour tenir plus de 15 jours, avec 2 masques par cheminots par séquence de travail », le responsable en prévention des risques est fier d’avoir du stock pour plusieurs semaine de travail. Une commande de 7 millions de masques a été passée pour assurer la suite. Mais pourquoi ces 130000 masques chirurgicaux ne vont pas en priorité au personnel soignant, là, tout de suite ? Ils en ont pourtant cruellement besoin pour continuer à sauver des vies tout en se protégeant (en les faisant porter aux malades pour limiter leur contagion).

mercredi 8 avril

Crédit photo : AFP/Carlo BRESSAN

« Le président ROTTNER nous a à l’œil, il souhaite que nous puissions fournir un plan de transport adéquat dès le premier jour du déconfinement, nous devons être prêts à augmenter le nombre de trains pour faire face au regain d’affluence » répond alors une responsable de la Direction TER Grand-Est.

Ainsi donc la SNCF préfère conserver des masques en préparation du déconfinement à venir plutôt que de les proposer aux hôpitaux. Evidemment personne ne demande à ce que les cheminots ne soient pas protégés pendant l’exercice de leur travail : s’ils n’ont pas la protection indispensable ils ne travailleront pas et l’offre de transport pourrait en souffrir. Mais il semble criminel de mettre la priorité sur le transport hypothétique des travailleurs qui seront contraints de reprendre le travail dans quelques jours plutôt que sur la lutte contre le virus aujourd’hui.

Cette reprise que la SNCF envisage déjà avec impatience soulève d’autres questions. Dans quelles conditions les usagers vont-ils voyager ? L’organisation de la désinfection des rames (déjà très parcellaire et inégale) pourra-t-elle faire face à l’augmentation de l’offre de transport ?

En attendant, nous n’en sommes pas du tout là et nous aimerions que toute l’énergie du pays soit tournée vers le combat pour la vie contre le virus. A l’heure où la production non essentielle se remet en marche sous la pression de grands-patrons qui ne supportent plus les pertes financières et qui sont prêts à nous utiliser comme de la chair à profits, les cheminots sont affligés de constater le retour massif des usagers contraints de voyager dans une promiscuité qui ne laisse aucune place aux gestes barrières. Les transports sont sans doute en train de devenir les vecteurs d’une nouvelle vague de contagion, qui finirait de surcharger encore plus les hôpitaux de la région Grand-Est qui manquent de tout et donc de masques. Il semblerait que dans leur précipitation à suivre le pouvoir politique avide de relance économique, les dirigeants de la SNCF oublient déjà que nous combattons pour nos vies au plus fort d’une terrible pandémie.

C’est un choix conscient et comme nous rétorquent souvent certains dirigeants de l’entreprise « nul doute que si vous dirigiez la SNCF ou même le pays, vos choix seraient différents, ça serait intéressant à voir, mais ça n’est pas le cas ».




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