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La SNCF veut aller concurrencer la RENFE en Espagne

Alors qu’en France le chemin de fer est frappé de plein fouet par la privatisation avec la complicité de la SNCF, cette dernière se place également sur l’ouverture du marché en Espagne pour décembre 2020.

mardi 26 mars

Deux grosses entreprises espagnoles, Acciona (énergie, immobilier, logistique) et Air Nostrum (compagnie aérienne), souhaitent se positionner sur le ferroviaire à travers l’entreprise Ilsa (Intermodalidad de Levante SA), créée pour concurrencer la Renfe qui est très affaiblie sur le domaine du ferroviaire à grande vitesse. Elles recherchent donc une alliance avec un opérateur ferroviaire pour pouvoir lancer ce nouveau projet. La SNCF conseillée par la banque Rothschild, négocie donc depuis un bout de temps avec Ilsa.

Bien entendu, vu que le marché est juteux la SNCF n’est pas seule sur le coup. La Deutsche Bahn l’opérateur historique Allemand et NTV (Nuovo Trasporto Viaggiatori) un opérateur 100% privé qui a émergé du marché Italien et qui concurrence directement Trainitalia sur les terres Italiennes. Il faut aussi préciser que la SNCF se fait une nouvelle fois concurrence à elle-même car elle détient 20% de NTV, et en est donc le second actionnaire.

Les 3 compagnies sont donc en discussions en permanence avec Ilsa pour récupérer la part du gâteau et toucher le jackpot, vantant leur savoir-faire pour se mettre un maximum en valeur. NTV met en avant le fait d’être parvenu à émerger en tant qu’opérateur totalement privé. Tandis que la SNCF dispose d’une flotte massive de TGV, sachant qu’elle va réceptionner très prochainement des TGV du futur, et qu’elle aurait donc les moyens de les déployer pour ce contrat juteux. En outre, la SNCF possède également une expérience dans le low-cost avec Ouigo ce qui pourrait s’avérer être un gros plus en Espagne.

La libéralisation du rail partout en Europe n’est pas sans prix à payer, car ces derniers mois la SNCF multiplie les attaques envers ses employés notamment du commercial, mais aussi d’autres corps de métier dont la maintenance et l’escale, ou l’optimisation et cherche à faire plus avec moins. Après tout, il fallait bien trouver l’argent pour acheter tous ces nouveaux TGV et cela se fait une fois de plus sur le dos des travailleurs. Il est également très probable que de l’autre côté des Pyrénées les cheminots soient en train de vivre la même chose que les cheminots français.

L’ouverture croissante à la concurrence va de pair avec une déstabilisation des emplois et du ferroviaire partout en Europe. Désormais, il semble que n’importe quelle entreprise du CAC 40 pourra ramener le bout de son nez et faire du ferroviaire du jour au lendemain. Une chose est sûre les cheminots en France et même en Europe n’ont pas fini de lutter contre la casse du service public et le dumping social que va entraîner cette évolution.




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