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Politique

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La cheffe de l’IGPN « réfute totalement le terme de violences policières » !

Ce jeudi 13 mai, la cheffe l'IGPN a présenté son rapport annuel d'activité, dans lequel on apprend que la police des polices a été chargée en 2018 de 265 dossiers judiciaires concernant des faits commis durant les manifestations des « gilets jaunes ». Malgré cela, la cheffe de l'IGPN « réfute totalement le terme de violences policières ».

vendredi 14 juin

Crédit photo : François Guillot / AFP

Ce jeudi, Brigitte Jullien, la cheffe de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) a présenté le rapport d’activité de l’IGPN. On y apprend que pour la seule période du 17 novembre au 31 décembre 2018, les ’’bœuf-carottes’’ comme ils sont surnommés, ont été saisis par les parquets de 265 enquêtes parmi lesquelles 113 dossiers concernent des ITT (incapacité temporaire de travail) supérieures ou égales à 8 jours. Bien peu, vu le nombre de blessés chaque semaine.
 
À ce jour, seulement 40% des enquêtes sont terminées et ont été renvoyées aux différents parquets pour analyse. Brigitte Jullien nous apprend qu’évidemment dans la majorité des cas, ils n’ont pas pu identifier les policiers. Or depuis le 1er janvier 2014 le numéro RIO, soit le matricule des policiers, doit obligatoirement être porté justement car dans des situations confuses il est le seul élément qui permette d’identifier les policiers. Seulement huit procédures sont engagées pour l’instant contre des représentants des forces de répression pour des faits de violences lors des manifestations Gilets Jaunes.
 
Face au légitime sentiment d’une justice à deux vitesses, la cheffe de l’IGPN répond : « Quand on participe à une manifestation non déclarée et qu’on commet des exactions, qu’on est interpellé en flagrant délit, il est logique que l’on passe rapidement devant le tribunal. Le policier, lui, se trouve dans une situation différente. La loi lui confère le droit de recourir à la force, ce qui est en soi une violence. Il faut déterminer si cet usage est légitime. »

Les dizaines de vidéos publiées chaque week-end depuis novembre montrent l’étendu de la répression et des violences policières. La déclaration de la cheffe de l’IGPN, sensé être la police des polices, montre que cet organe n’est absolument pas impartiale et défend les exactions policières. Cette tournure de phrase ressemble étrangement à celle du ministre de l’Intérieur en avril dernier. Castaner avait estimé qu’il "n’y a pas d’images de violence policière". Les déclarations de la cheffe de l’IGPN et de son ministre - l’IGPN dépend du ministère de l’intérieur- montre qu’il n’y a aucune indépendance entre cet organe et le gouvernement. De plus, Brigitte Jullien avait déjà pu montrer son attachement à défendre ses collègues. Elle avait expliqué qu’il « n’y avait pas de faute (…) ni de comportement déviants de la part des policiers » au sujet de larafle des lycéens de Mantes-la-Jolie.

Pour l’État il est normal que les violences policières soient légitimes. La police, les CRS, les gendarmes mobiles sont le bras armé de celui-ci. Ils sont là pour défendre l’ordre « républicain », l’ordre des dominants. Lorsque l’on se place du bon côté de la barricade, on sait que cette violence n’est pas légitime. Dans le rapport, il est indiqué que le nombre de tirs de LBD et de grenades de désencerclement a augmenté de 203 % en 2018. Les dizaines de mains arrachées, d’œils crevés, le nombre ahurissant d’arrestations arbitraires et de condamnations illustrent la répression féroce du mouvement des Gilets Jaunes. Un mouvement qui aspire à plus de justice sociale et politique qui subit depuis novembre les violences policières.




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