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Politique

Debout la (F)rance

La colistière de Dupont-Aignan écrit un tweet islamophobe avant de se rétracter suite à l’indignation

Pour sa défense, la colistière prétend avoir défendu le droit des femmes contre « l'islamisation ». Une récupération sordide, car Nadejda Silanina n'en est pas à son coup d'essai islamophobe.

lundi 20 mai

Crédit photo : compte twitter de Nadejda Silanina

La numéro 8 de la liste pour les européennes de Debout la France, « Le courage de défendre les français avec Nicolas Dupont-Aignan », Nadejda Silanina, a posté un tweet à caractère islamophobe visant un chauffeur de VTC sourd et muet avant de se rétracter suite à l’indignation soulevée.

« #Islamisation. Voilà le chauffeur du Kapten [application de VTC] qui m’a emmenée ce matin à la gare. En plus, il a prévenu par écrit qu’il était sourd et muet (c’est le ramadan). Heureusement il n’était pas aveugle ». Un tweet des plus odieux accompagné de photos de l’intérieur du véhicule, où est clairement visible la pancarte indiquant que le chauffeur est sourd et muet, mais également d’une photo non floutée du conducteur lui-même.

Les réponses scandalisées au tweet de la colistière de Dupont-Aignan ne se sont pas faites attendre et de nombreux internautes n’ont pas hésité à remettre la colistière de Dupont-Aignan aux européennes à sa place :

« La prochaine fois tu prendras les transports en commun au lieu de prendre en photo les gens à leur insu et de se servir de leur handicap pour tenir des propos haineux » ;

« Bonjour, la personne sur la photo est mon voisin. Je viens de transmettre ce tweet au commissariat de police pour un dépôt de plainte pour violation du droit à l’image. »

Les réactions ont été cinglantes vis-à-vis du commentaire islamophobe de Nadejda Silanina, à tel point qu’elle a été contrainte de faire un revirement à 180°. Prise au dépourvu, elle a rapidement supprimé son tweet et rédigé des excuses ambivalentes, justifiant son dérapage tant bien que mal par une volonté de dénonciation de « dégradation de la condition des femmes » :

Islamophobie sous couvert de défense des droits des femmes.

« J’ai supprimé mon tweet. Je reconnais m’être trompée et ne pas avoir vu l’appareil auditif. Je m’en excuse très sincèrement et regrette ce que j’ai écrit. Je respecte profondément les personnes en situation de handicap. » ; « Ça n’est pas la première fois qu’un chauffeur en tunique ne veut pas me parler ! Je voulais dénoncer la dégradation de la condition des femmes, rabaissées par des islamistes. C’est pourquoi j’ai réagi à chaud, j’ai commis une injustice à l’égard de cet homme »

En réalité, la colistière n’en est pas à son coup d’essai islamophobe. Plusieurs de ses tweets expriment son obsession de « l’islamisation » des professions ou encore la « submersion migratoire » et les « racailles de Saint-Denis », rhétorique empruntée à la droite la plus réactionnaire. Nadejda Silanina a en particulier relayé un tweet faisant l’apologie du Grand remplacement, théorie issue des rangs les plus racistes et réactionnaire de l’extrême-droite.

Une position qui consiste à justifier des positions anti-Islam au nom de la défense du droit des femmes, tout en soutenant des politiques néolibérales réactionnaire, érigeant l’Islam en porteur absolu de l’oppression des femmes pour mieux ériger bourgeoisie blanche néolibérale en porteur de l’idéal d’émancipation progresssite. Comme le souligne la chercheur Sara Farris : « Ce front féministe hétérogène anti-islam présente donc le sexisme et le patriarcat comme le domaine presque exclusif de l’Autre musulman. (…) Le fémonationalisme décrit ainsi, d’une part, les tentatives des partis de droite et des néolibéraux de faire avancer la politique xénophobe et raciste par la promotion de l’égalité des sexes, et d’autre part, l’implication de diverses féministes dans les représentations de l’Islam comme une religion et une culture misogynes par excellence. »

Des politiciens néolibéraux, de Schiappa à cette illustre inconnue co-lisitère de Dupont-Aignan, qui prétendent se faire les défenseurs des droits des femmes mais ne sont que leurs pires ennemis, prônant en réalité des politiques néolibérales, réactionnaires et islamophobes.




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