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Crise économique

La compagnie Lufthansa dans la tourmente

La crise du Covid-19 a particulièrement impacté le secteur du transport aérien. La Lufthansa n’a pas été épargnée. Le gouvernement allemand va dépenser 9 Milliards d’euros pour tenter de sauver la compagnie.

jeudi 21 mai

Le confinement qui s’est imposé à travers le monde avec la pandémie du Covid-19 a fatalement ralenti le trafic aérien allant presque jusqu’à un arrêt total. Si beaucoup on pu apprécier les conséquences de ce ralentissement des activités à travers une baisse notable de la pollution. Les conséquences économiques sont terribles pour le secteur aérien.

Les constructeurs et leurs sous-traitants comme Rolls Royce ou Derichbourg ont déjà annoncé de nombreuses suppressions d’emplois tout comme le groupe Dubreuil qui dirige plusieurs compagnies comme French Bee et Air Caraibes.

Cette offensive vise à faire payer la crise aux travailleurs, qui ne sont qu’une variable d’ajustement afin de garantir les profits dans un secteur en crise. L’intervention des États est l’une des dernières cartes à jouer afin de sauver les profits. Dans le cas de la Lufthansa, son PDG, Carten Spohr, a annoncé que les gains de l’entreprise étaient tombé à pratiquement zéro. Le forçant à chercher de l’aide auprès du gouvernement allemand.

Cependant, le gouvernement allemand voulait en échange du plan de sauvetage, une représentation de 25% dans les conseils de direction de l’entreprise. Cette exigence minimale était cependant trop grande pour les actionnaires de l’entreprise. L’État n’aura que deux sièges et n’utilisera ses voix que dans des conditions exceptionnels.

Pour le patronat, il s’agit donc d’avoir les mains libres pour piloter une hypothétique reprise économique qui se fera dans la casse sociale, le tout avec l’argent du contribuable. Un joli chèque en blanc pour la direction de la Lufthansa qui pourra se renflouer sur le court terme avec les 9milliards et faire de jolies plans de licenciement derrière. Le "monde d’après" n’est donc pas près d’arriver.

Il faut aussi noter qu’une reprise économique suffisamment forte et rapide pour garantir le retours des dividendes des actionnaires aura de graves conséquences écologiques. En effet, il s’agira de « rattraper » le retard accumulé alors même que le transport aérien est particulièrement polluant. Une reprise alignée sur les priorités des patrons et des actionnaires ne conduira pas à un « monde d’après » mais à l’accélération de la crise écologique d’aujourd’hui.

Que ce soit en France ou en Allemagne, ou n’importe où dans le monde les gouvernements et les patronats cherchent à nous faire payer leur crise. Que ce soit en France ou en Allemagne, il est indispensable que le mouvement ouvrier prépare la contre-offensive.

Le « monde d’après » de Bruno Le Maire ne nous sauvera pas. Et les 9 milliards offert à Lufthansa ne sauvera pas les salariés d’un éventuel plan de licenciement. Face à la crise économique d’ampleur qui se dessine dans le monde entier, la seule solution est de réclamer la nationalisation sous contrôle ouvrier de l’ensemble des entreprises qui menacent de fermer leurs portes ou qui reçoivent des milliards pour ne pas mettre la clef sous la porte.
C’est le seul moyen d’avoir une réelle alternative de société, pour que le monde de demain ne soit pas plus terrible encore que le monde d’hier.




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