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#travail non essentiel

La continuité pédagogique à l’origine de contaminations, dans le Haut-Rhin

Alors que le ministère de l'Education Nationale présente l’enseignement à distance comme une panacée à même d’assurer la fameuse « continuité pédagogique » ce discours se heurte à la réalité du terrain et aux conséquences désastreuses des directives ministérielles.

mercredi 1er avril

Depuis l’annonce de la fermeture des écoles par Emmanuel Macron, qui désavouait au passage la gestion de la crise par Jean-Michel Blanquer, c’est à distances qu’enseignants et parents doivent tâcher de s’organiser pour assurer la continuité pédagogique. Cette exigence, si chère au ministre de l’éducation nationale, interroge cependant. S’agit-il vraiment de l’intérêt des élèves ? Ou bien est-ce que pour l’autoritaire ministre Blanquer l’idée que les personnels de l’éducation nationale, qui exprime depuis des mois leurs désaccords avec sa politique, soient payés sans travaillé est insupportable ? Pour le ministre cette obsession de la continuité pédagogique et avant tout un moyen d’entretenir l’image de technocrates compétent qu’il s’est construit dans certains médias. Face à une crise sanitaire d’une ampleur inédite la principale préoccupation du ministre est que cette période ne soit pas vu par l’opinion publique comme des vacances, et cela même au détriment de l’intérêt pédagogique des élèves et de leur santé.

Ne pas assurer une « continuité pédagogique » aura t-il un impact négatif dans l’apprentissage des élèves ? Bien sûr mais de faits c’est déjà le cas. Comment peut on imaginer substituer des cours en ligne à des cours devant élèves à moins de profondément méconnaître le rôle central que joue l’interaction entre un professeur et ces élèves dans le processus d’apprentissage. C’est en modulant son discours et ses interventions en fonction des réactions et des besoins de ses élèves qu’un professeur construit le savoir avec eux. Avec la classe virtuelle cette interaction ne peut plus se faire ce qui laisse les élèves les moins scolaires sur la touche. Cette période exceptionnelle modifie en profondeur les manières de faire et nos priorités.

De fait ce travail est maintenant délégué aux familles, alors même que toutes ne sont pas en capacités d’accompagner leurs enfants dans leurs apprentissages ou n’ont pas les ordinateurs ou l’accès à Internet nécessaires. Cette fracture numérique exclue de fait toute une partie des élèves des dispositifs mis en place par le ministère ou par les enseignants eux même. Pour tenter de pallier à cela le ministère à fait en sorte que les parents puissent se rendre dans les écoles pour récupérer le travail de leurs enfants sous forme de polycopiés. Et c’est la que l’entêtement du ministre à mis en danger la santé d ‘élèves et de leurs familles ainsi que celles d’enseignants. Dans le Haut-Rhin des parents et enseignants pressé par les injonctions du ministre ont ainsi échangé des copies et par la même occasion le Covid-19. Aujourd’hui certains sont encore hospitalisé. Ces contaminations ont eu lieu parce que ces familles et ces professionnelles ont suivit les injonctions du ministère et parce que beaucoup s’inquiète pour les élèves, alors que Jean-Michel Blanquer persiste à maintenir le déroulement des différents examens nationaux comme prévu initialement. Cela engendre un grand stress chez nombres d’élèves et leurs parents. Stresse que la contradictoire et chaotique navigation à vue du ministre ne risque pas d’apaiser.

Alors que le confinement devrait être général et est pour certains responsable politique le prétexte de dérives sécuritaires. Cet acharnement du ministre n’est pas sans rappeler celui du gouvernement à ne pas fermer des secteurs non essentiels de l’économie afin de ne pas gêner la course au profits du patronat et des actionnaires. Exposant des milliers de travailleurs à des risques de contagion. Ce triste épisode des contaminations dans le Haut-Rhin montre bien les limites de la politique mené par le ministre depuis le début de cette crise. Si elle est importante la continuité pédagogique ne s’improvise pas, encore moins sans y associer les professeurs et personnels de l’éducation nationale. L’enseignement à distance ne peut pas se substituer au présentiel et dans cette période de crise sanitaire sans précédent il convient de décider ce qui importe le plus. La visions de l’ordre et de la hiérarchie d’un ministre désavoué à plusieurs reprises par son propre gouvernement ou bien la santé des élèves, de leurs familles et des personnelles de l’éducation nationale.




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